Les "réserves intégrales" de parc national




Les "réserves intégrales" (RI) de parc national font partie intégrante du modèle radioconcentrique attribué à Denys Pradelle (architecte et urbaniste s'étant vu confier la tâche en 1957 de préparer le projet de création du PN de la Vanoise, futur prototype des PN français) qui s'est trouvé formalisé dans la loi de 1960. Celle-ci prévoyait en effet l'existence d'un triple zonage, selon un gradient réglementaire décroissant : 1) une ou plusieurs RI, au sein desquelles toute activité humaine se voyait strictement proscrite (jusqu'à la visite touristique : seuls les scientifiques devaient être autorisés à y pénétrer) ; 2) le parc national proprement dit, au sein duquel une réglementation restreignait fortement certaines activités anthropiques sans toutefois nécessairement les interdire ; 3) la zone périphérique, au sein de laquelle aucune réglementation particulière ne s'appliquait. Seulement, alors que la loi affirmait la nécessité d'instaurer une zone "parc national" et une zone périphérique pour toute création d'un PN, l'instauration des RI n'y était mentionnée que comme une simple possibilité pouvant éventuellement intervenir a posteriori : "Des sujétions particulières à des zones dites "réserves intégrales" peuvent être édictées par décret [une fois le PN créé] afin d'assurer, dans un but scientifique, sur une ou plusieurs parties déterminées d'un parc national, une protection plus grande de certains éléments de la faune et de la flore [...]" (loi 1960, article 2).

En laissant cette porte ouverte pour la création de RI, le législateur entendait en fait répondre aux préoccupations du lobby naturaliste, qui trouvait que la réglementation du parc national proprement dit n'était pas suffisante pour y garantir la protection de la nature : l'idée était donc de leur laisser entrevoir l'espoir d'une sorte de colonisation progressive de la zone "parc national" par ce type de "réserves" figurant un ensemble d'îlots naturels où la présence humaine aurait été totalement bannie.

Le fait est que, durant le demi-siècle d'existence des PN français, seules deux RI ont vu le jour : celle du Lauvitel dans le PN des Ecrins (en 1995) ; celle de l'îlot de Bagaud, dans le PN de Port-Cros (en 2007). Pourquoi un tel fiasco ? La raison principale paraît toute simple : c'est la réticence des habitants et autres usagers des lieux à se voir imposer un surcroît d'interdits, alors qu'ils avaient déjà fort à faire avec les contraintes émanant de la zone "parc national". Il y a dans le PNC un exemple à ce titre, avec une tentative à la fin des années 1970 d'instaurer une RI sur le Mont Lozère, projet qui a du très vite être abandonné au vu de la levée unanime de boucliers qu'il a suscité. Commencer à mettre en place de tels no man's land ne pouvait-il pas en outre être interprété comme la première étape explicite de la fameuse "opération désertification" que l'on soupçonnait alors l'établissement public du PNC de poursuivre en sous-marin ? C'est donc sans aucun doute pour ne pas attiser des braises déjà chaudes que ce dernier n'a pas insisté dans cette direction, sage précaution qui s'est imposée à l'ensemble des PN.


Les "réserves biologiques intégrales" (RBI) de l'ONF n'ont quant à elles rien à voir avec les RI de parc national. Les RBI peuvent être implantées sur l'ensemble du territoire national (et non seulement dans les PN) : elles doivent être créées soit à l'intérieur de forêts domaniales (cas dominant), soit à l'intérieur de forêts non domaniales mais soumises au régime forestier (plus rare : c'est alors à l'initiative du propriétaire de la forêt - commune(s) - que le classement peut être étudié). Dans tous les cas, c'est par arrêté interministériel (Environnement et Agriculture) qu'une RBI est instaurée. Ce statut existe juridiquement : vraisemblablement depuis le début des années 1980.

En résumé, on peut dire que les RBI constituent un outil d'action publique prévu pour être mis en oeuvre par l'ONF, sur des terrains au sujet desquels il dispose d'une main-mise privilégiée. Cette dernière caractéristique constitue d'ailleurs la principale différence entre les RBI et les RI : dans le premier cas, l'Etat est propriétaire des terrains sur lesquels les réserves peuvent être implantées (du moins dans le cas dominant des forêts domaniales) ; dans le second cas, l'Etat n'en est propriétaire que très marginalement puisque le classement en parc national ne modifie pas la propriété du sol ! Ce n'est ainsi pas un hasard si la première RI (Lauvitel) a été implantée après l'acquisition du terrain en question par l'établissement public du PN des Ecrins ; et que la seconde (Bagaud) l'ait été sur un terrain acquis par le Conservatoire du Littoral, allié de l'établissement public du PN de Port-Cros...

Il est donc beaucoup plus facile pour l'Etat de mettre en place des RBI que des RI. C'est partant de ce constat éprouvé dans la pratique que l'établissement public du PNC s'est engagé à partir des années 1990 dans une stratégie visant à faire pression auprès de l'ONF afin qu'il multiplie les RBI au sein de la zone "parc national". Cela présentait en effet l'avantage de ne pas associer le nom du "parc" à de telles "mises en réserve", tout en satisfaisant aux objectifs de protection qu'il poursuivait. Cela n'a néanmoins pas été facile au départ du fait du conflit historique entre ces deux organismes. J.C.



La réserve intégrale de Lauvitel

La réserve intégrale du Lauvitel, située dans le Parc national des Écrins, est la première aire protégée de France reconnue pour sa vocation scientifique, selon le classement de l'union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

En savoir plus...


Restauration écologique de l'îlot de Bagaud

Au cœur du Parc national de Port-Cros, l’île de Bagaud est classée Réserve Intégrale, avec deux autres îlots de Port-Cros (Gabinière et Rascas), par décret du 09 Mai 2007. Colonisé par les rats noirs et les « griffes de sorcières », l'îlot fait l'objet d'un vaste programme scientifique, associant gestion et recherche. Bagaud offre un champ d'étude privilégié sur les espèces végétales et animales invasives. Sa restauration écologique est une opération pilote en Méditerranée. Conduite sur 10 ans, elle a commencé en 2011.



Les plans cadastraux de la zone sud du Parc National des Cévennes

Natura 2000

Zones naturelles d'intérêt écologique, floristique et faunistique de type I et II (ZNIEFF)

Territoires de chasse aménagées (TCA)

Zone importante pour la conservation des oiseaux (ZICO)

Zone interdite à la chasse (ZIC)

Zone de Protection Spéciale (ZSP)

Zone de tranquilité de la faune sauvage

Zones Spéciales de Conservation : ZSC



Association de Défense des Habitants Contribuables de l’Aigoual,

Avenue du Devois, Le Devois, Saint Sauveur Camprieu, 30750, tel 0467826111.
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