Les boues rouges






Usine d’alumines de spécialités d’ALTEO, Gardanne (13)


Tierce expertise sur le Dossier de Demande d’Autorisation d’Exploiter (DDAE) visant à supprimer les rejets de boues rouges en maintenant un rejet d’effluent liquide résiduel

Rapport final BRGM/RP-64161-FR

Décembre 2014





Suite à l'emission de Thalassa, Un communiqué de presse est diffusé par la Préfecture des Bouches-du-Rhone





anteagroup

Evaluation des risques sanitaires liés aux émissions atmosphériques du site de Mangegarri

Décembre 2013

Composition chimique et radiologique de la Bauxaline


TiO2: 9-15% / l'oxyde de titane serait donc présent dans les boues rouges dans le pourcentage de 9 -15%, Il faut dire que ce composant n'est pas, à ce jour, inscrit à la liste des produits dangereux.



INRA / Communiqués de presse / Additif alimentaire E171

Additif alimentaire E171 : les premiers résultats de l’exposition orale aux nanoparticules de dioxyde de titane

Des chercheurs de l’Inra et leurs partenaires1 ont étudié les effets d’une exposition orale au dioxyde de titane, un additif alimentaire (E171) utilisé de façon courante, en confiserie notamment. Ils montrent pour la première fois chez l’animal que le E171 pénètre la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme. Des troubles du système immunitaire liés à l’absorption de la fraction nanoparticulaire de l’additif ont été observés. Par ailleurs, les chercheurs montrent qu’une exposition orale chronique au E171 induit de façon spontanée des lésions prénéoplasiques dans le côlon, un stade non malin de la cancérogenèse, chez 40% des animaux exposés. De plus, le E171 accélère le développement de lésions induites expérimentalement avant exposition. Ces résultats témoignent d’un effet initiateur et promoteur des stades précoces de la cancérogenèse colorectale, sans toutefois permettre d’extrapoler ces conclusions à l’Homme et pour des stades plus avancés de la pathologie. Ces résultats sont publiés dans Scientific Reports le 20 janvier 2017.

Mots-clés : NANOPARTICULE - additif alimentaire - dioxyde de titane



Une émission que vous devez voir, si ce n'est pas déjà fait !

Thalassa

Méditerranée, enquête sur une mer en danger

Un deuxième lien : http://m.pluzz.francetv.fr/videos/thalassa.html#xtref=acc_dir


 


 

Conclusion de la visite du 19 mars 2013 dans l'établissement Alteo Gardanne sur site de stokage Mange-Garri

Arrêtés, enquêtes publiques, etc...


Entreprise : ALUMINIUM PECHINEY

Objet : Mise en place de 3 nouvelles chaudières basse pression

- Rapport de synthèse - 0,69 Mb

- Arrêté de prescriptions complémentaires - 1,58 Mb

Objet : Emissions de poussières

- Arrêté de prescriptions complémentaires - 0,61 Mb

Objet : renouvellement de la concession d'occupation du Domaine Public Maritime (DPM), sur la commune de Cassis, des canalisations, des câbles de protection cathodique et matériels et aménagements annexes nécessaires à l'activité et la poursuite en mer des eaux traitées.

Cette procédure fait l'objet d'une enquête unique avec la demande de ALTEO GARDANNE (voir ci-dessous) pour les modifications des conditions d'exploitation.

- Résumé non technique du dossier de concession d'occupation du DPM - 0,17 Mb

- Avis unique (pour les deux procédures) de l'Autorité Environnementale - 2,46 Mb

- Arrêté portant retrait de l'arrêté du 26 mars 2015 relatif à l'organisation d'une enquête publique unique concernant les demandes formulées par ALTEO GARDANNE et ALUMINIUM PECHINEY - 0,72 Mb

-Avis concernant l'annulation de l'ouverture de l'enquête publique unique sur les demandes formulées par les sociétés ALTEO GARDANNE et ALUMINIUM PECHINEY - 0,19 Mb

- Arrêté d'ouverture d'enquête publique unique en date du 15 juillet 2015 - 0,63 Mb

- Avis d'ouverture d'enquête publique unique en date du 15 juillet 2015 - 0,36 Mb

- Rapport de la commission d'enquête - Tome I - Pièces I et II - 6,72 Mb

- Rapport de la commission d'enquête - Tome I - pièce III - 6,25 Mb

- Rapport de la commission d'enquête - Tome IV - annexes - 9,32 Mb

- Conclusions et avis Société Aluminium Péchiney - Tome III - 1,10 Mb

- Arrêté de renouvellement du 28 décembre 2015 - 0,48 Mb

- Carte de la canalisation annexée à l'arrêté - 0,75 Mb

Entreprise : ALTEO GARDANNE

Objet : Emissions d'oxydes d'azote

- Arrêté complémentaire type - 0,20 Mb

Objet : demande d'autorisation d'un rejet d'effluents liquides (eaux de procédé, utilitaires brutes et pluviales) à compter du 1er janvier 2016 par le même émissaire que le rejet actuel de résidus solides (boues rouges), en tête du canyon de la Cassidaigne, qui sera mis à l'arrêt au 31 décembre 2015 ;

Cette procédure fait l'objet d'une enquête unique avec la demande de ALUMINIUM PECHINEY (voir ci-dessus) de renouvellement de la concession d'occupation du Domaine Public Maritime (DPM), sur la commune de Cassis, sans modification des conditions actuelles d'emprise ;

- Synthèse du résumé non technique de l'étude d'impact - 0,29 Mb

- Résumé non technique étude d'impact - 5,44 Mb

- Résumé non technique étude de dangers - 2,57 Mb

- Avis unique (pour les deux procédures) de l'Autorité Environnementale - 2,46 Mb

- Arrêté portant retrait de l'arrêté du 26 mars 2015 relatif à l'organisation d'une enquête publique unique concernant les demandes formulées par ALTEO GARDANNE et ALUMINIUM PECHINEY - 0,72 Mb

- Avis concernant l'annulation de l'ouverture de l'enquête publique unique sur les demandes formulées par les sociétés ALTEO GARDANNE et ALUMINIUM PECHINEY - 0,19 Mb

- Arrêté d'ouverture d'enquête publique unique en date du 15 juillet 2015 - 0,63 Mb

- Avis d'ouverture d'enquête publique unique en date du 15 juillet 2015 - 0,36 Mb

Réunion publique :

Une réunion d'information et d'échange avec le public se tiendra le vendredi 11 septembre 2015, de 18h30 à 20h30 sous la direction du Président de la commission d'enquête, en mairie de Gardanne, Salle du Peuple- Av Léo Lagrange

- Arrêté du 7 août 2015 portant organisation d'une réunion publique - 0,59 Mb

- Avis de la réunion publique - 0,46 Mb

- Rapport de la commission d'enquête - Tome I - Pièces I et II - 6,72 Mb

- Rapport de la commission d'enquête - Tome I - pièce III - 6,25 Mb

- Rapport de la commission d'enquête - Tome IV - annexes - 9,32 Mb

- Conclusions et avis Société Altéo Gardanne - Tome II - 0,86 Mb

- Arrêté d'autorisation du 28 décembre 2015 - format : - 5,43 Mb

- Arrêté du 24 aiût 2016 modifiant les valeurs limites des résidus rejtés en mer - 0,79 Mb

Objet : Mise en sécurité de l'installation et dispositions techniques pour l'augmentation de la quantité maximale de déchets présents sur le site de l'usine

- Arrêté de prescriptions complémentaires du 19 juin 2015 : garanties financières et augmentation stockage déchets - 0,55 Mb

Objet : Usine ALTEO - Commission de Suivi de Site (CSS)

- Arrêté portant création de la Commission de Suivi de Site (CSS) - 0,66 Mb

- arrêté du 3 juin 2016 modifiant la CSS - 1,38 Mb

Objet : Accident du 9 mars 2016 - arrêté d'urgence

- Arrêté d'urgence n°2016-58 URG fixant à la société ALTEO des prescriptions applicables à l'exploitation de ses installations suite à l'accident du 9 mars 2016, relatives à la mise en sécurité, aux évaluations techniques, environnementales et sanitaires né - 0,64 Mb





Pas vu pas pris

L'autorisation d'occupation du Domaine Public Maritime (DPM) pour une durée de 15 ans à partir de la date de signature, le 28 décembre 2015, soit jusqu'au 28 décembre 2030, pour la canalisation de transfert en mer de l'usine de production d'alumine de Gardanne.


Arsenic, uranium 238, thorium 232, mercure, cadmium, titane, soude, plomb, chrome, vanadium, nickel : voilà quelques composants des « boues rouges » déversées chaque jour par centaines de tonnes dans la mer Méditerranée. Une canalisation construite en 1966 rejette ces déchets à sept kilomètres des côtes, au cœur d’un site remarquable par sa biodiversité, devenu en avril 2012 le parc national des Calanques. En un demi-siècle, près de trente millions de tonnes ont été répandues à deux cent cinquante mètres de profondeur. Elles dispersent leurs éléments toxiques du golfe de Fos à la rade de Toulon, s’ajoutant aux eaux polluées du Rhône.

Ces boues émanent de l’industrie de l’aluminium. Une histoire ancienne dans cette région : la bauxite, le minerai d’aluminium, fut découverte aux Baux-de-Provence en 1821. Le procédé Bayer, mis au point à Gardanne à partir de 1893, consiste à dissoudre l’alumine qu’elle contient avec de la soude, ce qui génère une grande quantité de résidus toxiques à forte coloration rouge. L’usine appartient aujourd’hui à la société Alteo, premier producteur mondial d’« alumines de spécialité », qui exporte chaque jour plus de mille deux cents tonnes de produits finis, en particulier pour la confection d’écrans plats à cristaux liquides et de tablettes tactiles. Sur un territoire où le travail devient rare, Alteo représente près de quatre cents emplois directs et plus d’un millier en comptant la sous-traitance.

De Marseille à Cassis, les marins remontent des filets teintés de rouge et des poissons chargés en métaux lourds. Certaines espèces ont totalement disparu. Le « crime » a pourtant été dénoncé dès 1963, au moment du projet de canalisation, par le célèbre biologiste Alain Bombard. Océanographe à la retraite, Gérard Rivoire s’inquiète aussi de l’exposition radiologique : « La radioactivité naturelle de la Méditerranée est de 12 becquerels par litre ; celle des boues à la sortie du tuyau dépasse les 750 Bq/l. C’est un risque majeur pour la faune marine et pour la chaîne alimentaire. »

Alteo conteste cette analyse. Certaines études — financées par l’entreprise — permettraient de conclure à une « absence d’impact notable des résidus sur les animaux aquatiques, y compris à forte profondeur (1) ». Les batailles d’experts et l’identité de leurs commanditaires mettent en évidence la difficulté de faire valoir l’intérêt public en matière d’environnement et de santé.

Visite chez Emmanuel Macron

« Cela fait vingt ans qu’ils auraient dû se mettre aux normes »,

« Cela fait vingt ans qu’ils auraient dû se mettre aux normes », s’insurge Mme Corinne Lepage. Ministre de l’environnement en 1995, elle avait donné à l’exploitant jusqu’au 31 décembre 2015 pour cesser les rejets. Elle ne faisait là qu’honorer la signature par la France de la Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre les pollutions, adoptée à Barcelone en 1976 et renforcée en 1995.

Jouant sur un compte à rebours désormais serré, l’exploitant espère aujourd’hui imposer sa solution : séparer les éléments solides et liquides de ces boues grâce à un système de filtres-presse qui permet la valorisation de ces déchets. Miracle de l’« économie circulaire », les boues rouges deviennent alors de la Bauxaline, une matière première étanche utilisée comme remblai. En mai 2014, la société Aluminium Pechiney, propriétaire de la canalisation, demande à la préfecture une nouvelle concession de trente ans pour l’ouvrage, tandis qu’Alteo réclame une modification des conditions d’exploitation de son usine de Gardanne : plutôt qu’un arrêt total de tout rejet, elle souhaite obtenir l’autorisation de déverser en mer quatre-vingt-quatre tonnes par an d’effluents liquides.

Le 8 septembre 2014, le conseil d’administration du parc national des Calanques suscite un vif émoi en donnant son feu vert par trente voix contre seize. Son avis est assorti de réserves : il demande notamment un contrôle continu des rejets par un comité indépendant et le suivi de l’état de la canalisation. Un avis non conforme aurait probablement conduit à la fermeture de l’usine, ce que les élus locaux redoutaient, mais sans s’être inquiétés lorsqu’il était encore temps ni des conséquences sanitaires ni des risques de délocalisation. Devant le tollé, la ministre de l’écologie Ségolène Royal commande trois expertises et, dans un communiqué du 19 septembre, rappelle qu’« il faut viser un objectif de zéro rejet d’arsenic et de métaux lourds en mer ».

Premier à rendre ses travaux, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) reconnaît que les effluents résiduels ne respecteraient pas, pour sept paramètres, les valeurs limites fixées en 1998 par l’arrêté ministériel sur les rejets liquides dans le milieu naturel des installations classées (2). Evoquant des solutions combinées qui réduiraient très fortement les rejets mais « nécessiteraient plusieurs années pour être mises en place », il conclut au sujet de la proposition d’Alteo : « C’est la seule solution opérationnelle à la fin 2015, qui ne remet pas en cause la continuité de l’activité industrielle. »

par Barbara Landrevie

La Méditerranée empoisonnée / Le Monde diplomatique

 

L'occupation du Domaine Public Maritime (DPM) située sur la commune de Cassis (Bouches-du-Rhône) (Figure 1). La zone concernée comprend :


- une première bande, qui débute sur la côte dans la calanque de Port Miou et
s'étend vers le sud sur environ 7 700 m jusqu'au canyon de la Cassidaigne ;

- une seconde bande, orientée est-ouest, d'environ 2 500 m en direction de la Ciotat
et 3 000 m en direction de Marseille.

Cette demande d'occupation du DPM concerne :

- la canalisation de transfert en mer, installée depuis 1966 et constituée de :

- la canalisation de Gardanne, actuellement exploitée par la société Alteo Gardanne ;

- la canalisation de la Barasse, aujourd'hui inertée ;

- une canalisation " vestige ", non exploitée ;

- le dispositif de protection cathodique, destiné à limiter la corrosion des canalisations.


Parc national des Calanques

Le conseil d'administration du parc national des Calanques a prolongé, lundi 8 septembre, de trente ans la dérogation accordée à l'usine d'alumine Alteo (ex-Péchiney) pour rejeter en mer des résidus liquides issus de la production de bauxite.

« Le conseil d'administration a décidé d'autoriser ces rejets, mais avec des conditions fermes », a annoncé à la presse son président Didier Réault, adjoint au maire de Marseille. Concrètement, elle permet à l'usine Alteo d'effectuer des rejets contraires à la Convention de Barcelone de 1976 sur la protection de la Méditerranée. Mais l'élu a promis de « meilleurs contrôles et un meilleur suivi des eaux rejetées », dans ce dossier dit des « boues rouges ».

DELIBERATION_CESC_2014_12_02_Position Altéo

DELIBERATION_CS_2014_09_Demande_autorisation_ICPE_societe_ALTEO_Conditions_exploitation_Usine_Gardanne

DELIBERATION_CS_2014_10_Demande_societe_Aluminium_Pechiney_Concession_utilisation_DPM

DELIBERATION_CA_2014_09_07_Demande_societe_Aluminium_Pechiney_Concession_utilisation_DPM

DELIBERATION_CA_2014_09_06_Demande_autorisation_ICPE_societe_ALTEO_Conditions_exploitation_Usine_Gardan



"Boues rouges" : le bras-de-fer continue entre Valls et Royal

L'affrontement par petites phrases interposées se poursuit au sein même du gouvernement à propos du scandale des boues rouges, au large de Cassis (Bouches-du-Rhône). Ce lundi matin, les services du Premier ministre ont répondu dans ce dossier hautement sensible à la ministre de l'Environnement. « Manuel Valls défend une écologie efficace au service de la santé et de l’emploi et il en appelle à la maîtrise de l’expression sur ces sujets », lâchent-ils.

 

« Il ne s’agit plus de boues rouges chargées en polluants comme par le passé, mais d’eaux largement dépolluées », assure encore Manuel Valls, répliquant à la charge de Ségolène Royal, vendredi dans l'émission Thalassa et ce lundi matin, dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. Dans un entretien accordé à notre journal, la ministre de l'Environnement maintient son opposition à l'autorisation donnée en décembre à la société d'alumine Altéo, à Gardanne (Bouches-du-Rhône) à poursuivre ses rejets polluants en Méditerranée. « Cette décision n'est à mes yeux pas acceptable », lance-t-elle. Et toujours, ce lundi matin, sur Europe 1, la ministre de l'Environnement garde le cap, tout en y apportant une pointe de nuance : « On ne peut pas transformer tous les éléments de transparence en querelle », regrette-t-elle.

 

L'usine, qui a rejeté pendant 50 ans des boues rouges, toxiques, en plein coeur des calanques, a dû modifier ses procédés de production d'alumine à partir de bauxite et ne rejette plus qu'un liquide filtré. Mais ses opposants continuent de dénoncer ces effluents comme très polluants.








Caractéristiques physico-chimiques des boues rouges

  • Couleur : leur couleur rouge brique est due à leur teneur élevée en oxydes de fer (que contenait la bauxite avant son traitement).

  • Leur caractère très basique (pH de 11 à 14 en général) : il provient de leur teneur en soude caustique, résidu du procédé Bayer. Certaines alumineries traitent leurs boues pour en retirer une grande partie de cette soude (c'est le cas de celle de Gardanne).

  • Toxicité : elle est d'abord liée au caractère caustique du matériau, et dans une moindre mesure, mais peut-être de manière plus importante à long terme, surtout en contexte acidifiant, à sa teneur en métaux lourds (plomb, mercure, chrome) ou parfois en radionucléides qui s'y fixent facilement5. Les teneurs en ces produits, et leur biodisponibilité varient fortement selon l'origine de la bauxite et le processus industriel.

Composition chimique : elle varie fortement selon l'origine du minerai (bauxite) et sa teneur en aluminium, minéraux et métaux divers. Les boues rouges contiennent notamment de la cancrinite et de l'hématite 5 qui se lient facilement aux métaux lourds (fortement au zinc, assez fortement au plomb et un peu moins au cadmium selon des tests en laboratoire5) et expliqueraient la capacité de ces boues à les absorber.

Pistes de valorisation

L'installation de nouvelles décharges est coûteuse, et génère de plus en plus de difficultés de la part des communes et riverains. Depuis quelques décennies, les industriels cherchent donc des solutions pour diminuer le tonnage de déchets produits, et éventuellement valoriser leurs boues rouges en leur trouvant de nouveaux usages, dont :-

- Le procédé Orbite permet de traiter les boues rouges et d'en extraire l'alumine restant et les autres métaux tout en éliminant l'alcalinité. Il est développé par Orbite Aluminae en collaboration avec Veolia.

- matériaux de construction (intégration à des céramiques, briques, ciments... parfois avec d'autres déchets tels que des cendres volantes) ou à moindre coût on les a utilisé en génie civil comme matériau de couverture de décharges (quand elles avaient été inertées par extraction de plus de 90 % de leur soude caustique) ;
Des tests de lixiviation et 3 types de tests écotoxicologiques (Microtox ™, test ASTM de toxicité pour les microalgues et tests d'embryo-toxicité pour l'oursin) ont été réalisés en Italie sur des échantillons de boues rouges solides prétraitées pour être "ré-introduite dans l'environnement". Ils visaient à mieux évaluer leur compatibilité avec l'environnement. Les auteurs ont conclu à des résultats plutôt encourageants montrant une possibilité d'utiliser ces matériaux pour traiter certains sols ou des eaux contaminés. Les métaux présents dans la boue rouge correctement traitée y semblent relativement bien piégés, dans une certaine gamme de pH, même relativement bas. Cependant, il ne semble pas y avoir eu beaucoup d'études sur la capacité de la microfaune du sol (Collemboles ou vers de terre par exemple) à absorber et éventuellement véhiculer (bioturbation) ou non les toxiques emprisonnés dans cette matrice).

- amendement chimique et minéral pour cultiver des sols pollués par l'arsenic ou d'autres métaux (les métaux lourds sont moins mobiles et moins biodisponibles dans les sols basiques) ;

- absorbants, additifs, colorants.. Leur caractère très basique, et une préparation supplémentaire (calcination, ajouts d'additifs appropriés) leur confèrent des caractéristiques intéressantes pour absorber certains polluants de liquides ou produits acides ou légèrement acides, et pour tamponner le pH de ces liquides
C'est notamment un des moyens efficaces d'absorber l'arsenic de l'eau, dans certaines conditions (il faut que cette eau soit légèrement acide).
Des boues rouges non traitées à l'acide montrent dans certaines conditions une capacité à fixer certains ions très toxiques du plomb et du chrome (Pb2+ et Cr6+)12 Si les boues rouges sont utilisées pour absorber des polluants non biodégradables, cela en fait cependant des déchets plus pollués qu'il conviendra d'inerter ou durablement stocker dans de bonnes conditions. Les tests écotoxicologiques et de lixiviation couramment utilisés, laissent penser que la boue rouge ne présente pas de toxicité aigüe ou élevée pour l'environnement avant ou après certaines réutilisations.

- produits de nettoyage du gaz

- catalyseur d'hydrogénation, hydrodéchloration et d'oxydation des hydrocarbures.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Boue_rouge






CRIIRAD

L’entreprise ALTEO exploite à Gardanne (13) une usine d’extraction de l’alumine à partir de bauxite. Le procédé génère d’énormes quantités d’effluents (boues rouges). Une partie des effluents est rejetée en Méditerranée, une autre est actuellement stockée sur la décharge de Mangegarri (commune de Bouc-Bel-Air, département 13) sous forme d’un matériau dénommé « Bauxaline »®. L’entreprise envisage de développer les activités de valorisation de ce résidu (300 000 tonnes de Bauxaline ® ont déjà été utilisées depuis 10 ans comme couverture de décharges de déchets ménagers).

La CRIIRAD a effectué le 26 novembre 2014 une mission exploratoire sur le site de Mangegarri. Les mesures effectuées montrent que la radioactivité de la Bauxaline ® (concentration en uranium et thorium naturels) ne peut être négligée sur le plan de la radioprotection. Le niveau de rayonnement gamma sur cette décharge est en effet 4 à 8 fois supérieur à celui enregistré sur le terrain naturel local. La CRIIRAD relève également d’importantes insuffisances dans les études d’impact qu’elle a analysées.

Lire la note CRIIRAD N°14-57 du 10 décembre 2014




Note CRIIRAD N°14-57

Mesures radiamétriques préliminaires effectuées par la CRIIRAD au niveau du
site d’entreposage de boues rouges (Bauxaline) d’Alteo à Mangegarri



 

Rapport ANALYTIQUE



Boues rouges de BBA (Bauxaline)

Résultats des analyses

Le collectif Non aux boues rouges composé de scientifiques, d’élus européens, de militants écologistes et de citoyens vous invite à prendre connaissance des résultats des analyses scientifiques indépendantes visant à évaluer la toxicité et l’impact sur la santé et l’environnement de la Bauxaline (boues rouges).

Les analyses ont été réalisées avec le soutien et des Collectifs de défense de l'environnement. Une analyse sur la chimie organique et minérale de la Bauxaline (boues rouges) Laboratoire ANALYTIKA. Une analyse radiologique de la Bauxaline (boues rouges) Laboratoire CRIIRAD, financée par le collectif " non aux boues rouges. La mission de prélèvement de la Bauxaline a été effectuée sur les fonds propres de l'association CRIIRAD.

Les études intégrales sont à votre disposition sur ces liens :

http://www.criirad.org/radioactivite-naturelle-renforcee/gardanne-bauxaline.html

http://www.criirad.org/radioactivite-naturelle-renforcee/CRIIRAD-1457bauxaline.pdf

L’Actualité des Vergers Amandiers / vendredi 20 février 2015, par Claude CALVET, Vincent MONET



Economie circulaire ou recyclage toxique ?

La Méditerranée empoisonnée

Au nom de la préservation de l'emploi, l'usine d'alumine des Bouches-du-Rhône a bénéficié d'un très long moratoire pour mettre fin aux rejets de boues rouges dans la Méditerranée. Vingt ans plus tard, la pollution perdure et l'emploi n'a jamais paru autant menacé, faute de solutions durables. Les documents que nous versons au dossier démontrent l'importance de l'enjeu sanitaire.

Arsenic, uranium 238, thorium 232, mercure, cadmium, titane, soude, plomb, chrome, vanadium, nickel : voilà quelques composants des " boues rouges " déversées chaque jour par centaines de tonnes dans la mer Méditerranée. Une canalisation construite en 1966 rejette ces déchets à sept kilomètres des côtes, au cœur d'un site remarquable par sa biodiversité, devenu en avril 2012 le parc national des Calanques. En un demi-siècle, près de trente millions de tonnes ont été répandues à deux cent cinquante mètres de profondeur. Elles dispersent leurs éléments toxiques du golfe de Fos à la rade de Toulon, s'ajoutant aux eaux polluées du Rhône.

Ces boues émanent de l'industrie de l'aluminium. Une histoire ancienne dans cette région : la bauxite, le minerai d'aluminium, fut découverte aux Baux-de-Provence en 1821. Le procédé Bayer, mis au point à Gardanne à partir de 1893, consiste à dissoudre l'alumine qu'elle contient avec de la soude, ce qui génère une grande quantité de résidus toxiques à forte coloration rouge. L'usine appartient aujourd'hui à la société Alteo, premier producteur mondial d'" alumines de spécialité ", qui exporte chaque jour plus de mille deux cents tonnes de produits finis, en particulier pour la confection d'écrans plats à cristaux liquides et de tablettes tactiles. Sur un territoire où le travail devient rare, Alteo représente près de quatre cents emplois directs et plus d'un millier en comptant la sous-traitance.

De Marseille à Cassis, les marins remontent des filets teintés de rouge et des poissons chargés en métaux lourds. Certaines espèces ont totalement disparu. Le " crime " a pourtant été dénoncé dès 1963, au moment du projet de canalisation, par le célèbre biologiste Alain Bombard. Océanographe à la retraite, Gérard Rivoire s'inquiète aussi de l'exposition radiologique : " La radioactivité naturelle de la Méditerranée est de 12 becquerels par litre ; celle des boues à la sortie du tuyau dépasse les 750 Bq/l. C'est un risque majeur pour la faune marine et pour la chaîne alimentaire. "

Alteo conteste cette analyse. Certaines études - financées par l'entreprise - permettraient de conclure à une " absence d'impact notable des résidus sur les animaux aquatiques, y compris à forte profondeur (1) ". Les batailles d'experts et l'identité de leurs commanditaires mettent en évidence la difficulté de faire valoir l'intérêt public en matière d'environnement et de santé.

Visite chez Emmanuel Macron

" Cela fait vingt ans qu'ils auraient dû se mettre aux normes ", s'insurge Mme Corinne Lepage. Ministre de l'environnement en 1995, elle avait donné à l'exploitant jusqu'au 31 décembre 2015 pour cesser les rejets. Elle ne faisait là qu'honorer la signature par la France de la Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre les pollutions, adoptée à Barcelone en 1976 et renforcée en 1995.

Jouant sur un compte à rebours désormais serré, l'exploitant espère aujourd'hui imposer sa solution : séparer les éléments solides et liquides de ces boues grâce à un système de filtres-presse qui permet la valorisation de ces déchets. Miracle de l'" économie circulaire ", les boues rouges deviennent alors de la Bauxaline, une matière première étanche utilisée comme remblai. En mai 2014, la société Aluminium Pechiney, propriétaire de la canalisation, demande à la préfecture une nouvelle concession de trente ans pour l'ouvrage, tandis qu'Alteo réclame une modification des conditions d'exploitation de son usine de Gardanne : plutôt qu'un arrêt total de tout rejet, elle souhaite obtenir l'autorisation de déverser en mer quatre-vingt-quatre tonnes par an d'effluents liquides.

Le 8 septembre 2014, le conseil d'administration du parc national des Calanques suscite un vif émoi en donnant son feu vert par trente voix contre seize. Son avis est assorti de réserves : il demande notamment un contrôle continu des rejets par un comité indépendant et le suivi de l'état de la canalisation. Un avis non conforme aurait probablement conduit à la fermeture de l'usine, ce que les élus locaux redoutaient, mais sans s'être inquiétés lorsqu'il était encore temps ni des conséquences sanitaires ni des risques de délocalisation. Devant le tollé, la ministre de l'écologie Ségolène Royal commande trois expertises et, dans un communiqué du 19 septembre, rappelle qu '" il faut viser un objectif de zéro rejet d'arsenic et de métaux lourds en mer ".

Premier à rendre ses travaux, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) reconnaît que les effluents résiduels ne respecteraient pas, pour sept paramètres, les valeurs limites fixées en 1998 par l'arrêté ministériel sur les rejets liquides dans le milieu naturel des installations classées (2). Evoquant des solutions combinées qui réduiraient très fortement les rejets mais " nécessiteraient plusieurs années pour être mises en place ", il conclut au sujet de la proposition d'Alteo : " C'est la seule solution opérationnelle à la fin 2015, qui ne remet pas en cause la continuité de l'activité industrielle. "

" On n'en attendait pas moins du BRGM ", lance Mme Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe Europe Ecologie - Les Verts (EELV), qui se mobilise depuis 2010 avec son collègue José Bové pour exiger l'arrêt des rejets. Le BRGM peut difficilement passer pour indépendant : il figure comme partenaire d'Alteo pour la commercialisation de la Bauxaline dans le cadre d'un projet européen baptisé " Bravo " (3) - ce que Mme Royal pouvait difficilement ignorer.

Pour sa part, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) indique que la Méditerranée " semble contaminée par le mercure avec la même amplitude que le reste des océans (4) ", ni plus ni moins. L'étude note toutefois que le canyon sous-marin de Cassidaigne, où débouche la canalisation, présente des concentrations en mercure de " deux à huit fois la valeur de référence géologique " et recommande le recueil d'informations complémentaires dans la zone de rejet.

Alors que l'industriel se retranche derrière les enquêtes qu'il finance pour affirmer " l'innocuité générale des résidus collectés en mer ", les conclusions de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) apparaissent bien plus critiques à son égard. Selon elle, le nombre très limité de données fournies par Alteo rend les interprétations " très difficiles " (5). Les experts sanitaires recommandent de réaliser de nouvelles campagnes de pêche, de déterminer la composition réelle de l'effluent futur et de caractériser les concentrations en contaminants associés à la transformation de la bauxite. Le 7 avril dernier, au vu de ce rapport, Mme Royal a stoppé net l'enquête publique sur les projets d'Alteo et demandé de nouvelles analyses, cette fois sous le contrôle de l'Anses. Alarmée par les conditions d'entreposage des résidus miniers, la ministre demande aussi au préfet d'intervenir sur le site de production.

Car la mer, les baigneurs, les poissons et ceux qui les mangent ne sont pas les seuls concernés par les dangers de contamination. L'inquiétude monte aux abords du site de Mange-Garri, situé sur une commune voisine de Gardanne. Depuis des décennies, des déchets de fabrication viennent y échouer. Selon une autorisation préfectorale du 16 novembre 2012, la Bauxaline peut y être déposée jusqu'en 2021. En janvier dernier, coup de théâtre : le maire de Bouc-Bel-Air interdit aux riverains du site de boire l'eau de leur puits, ainsi que de l'utiliser pour l'arrosage ou même pour remplir leur piscine. Alteo vient de signaler une résurgence polluée, afin de " prévenir tout risque sanitaire éventuel ".

Faute d'expertise fiable, Le Monde diplomatique a fait analyser des prélèvements par le laboratoire de toxicologie biologique et pharmacologie de l'hôpital Lariboisière à Paris. L'eau a été recueillie le 31 janvier 2015 en trois points : au niveau de la résurgence, dans un puits privé et à la sortie du tuyau où l'usine déverse ses eaux pluviales dans la Luynes, la rivière la plus proche. On y retrouve les mêmes éléments que dans les boues rouges, y compris de l'uranium 238. Les analyses que nous avons commandées montrent des concentrations en aluminium bien supérieures à celles admises par la réglementation. Les taux mesurés se révèlent supérieurs à ceux d'un document provisoire concernant les prélèvements effectués les 3 et 4 février 2015 par Antea Group pour le compte d'Alteo. Les eaux pluviales charrient également de grandes quantités d'arsenic (6). Ce qui démontre l'absence d'étanchéité du dépôt de Mange-Garri.

Autre préoccupation : la radioactivité du site se révèle trois à cinq fois plus élevée que la radioactivité naturelle. En 2006, l'industriel avait missionné la société Algade pour étudier l'impact sur l'environnement (7). L'enquête avait conclu que l'exposition du public à cette radioactivité ne pouvait dépasser le dixième de la valeur admise par la réglementation française. Pour Alteo, ces résidus ne sont pas plus radioactifs que certaines roches comme le granit. Mais les effets sur la santé peuvent être très différents en cas d'inhalation de radionucléides via les poussières de boues rouges.

En novembre 2014, des prélèvements avaient été étudiés par un laboratoire indépendant, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui indiquait (8) : " Dans les déchets analysés, on constate des teneurs nettement supérieures à la moyenne de l'écorce terrestre pour l'uranium 238 et ses descendants (environ 140 Bq/kg) ; le thorium 232 et ses descendants (environ 340 Bq/kg). " Certes, ces résultats ne sont guère éloignés des mesures faites par Algade. Mais la Criirad en tire des conclusions très différentes. Compte tenu des insuffisances méthodologiques concernant le type de radioéléments détectés et la non-prise en compte des ingestions de poussière, il n'y aurait aucune certitude sur l'innocuité de l'exposition des habitants : l'effet peut se combiner avec la contamination chimique, et l'on sous-estime les impacts à long terme. D'autre part, l'étude de l'Algade ne démontre pas l'absence de radon 222 dissous, ni de plomb et de polonium 210, très radiotoxiques en cas d'ingestion.

Concernant le recyclage de la Bauxaline, il faudra tenir compte de la nouvelle directive européenne, en cours de transposition (9), qui oblige notamment à calculer les concentrations en thorium et en uranium. La Commission européenne autorise la commercialisation pour des concentrations ne dépassant pas un indice inférieur ou égal à 1. Selon la Criirad, l'indice de la Bauxaline serait compris entre 2 et 4. Pour la vendre à des constructeurs de routes ou d'ouvrages d'art, Alteo devra impérativement faire baisser la radioactivité en la mélangeant à d'autres substrats. Si l'on ajoute le coût du transport, le projet est-il seulement viable ?

En apprenant, début avril, la demande d'études complémentaires et le report de l'enquête publique - probablement à l'automne -, les dirigeants d'Alteo sont immédiatement allés plaider leur cause auprès du ministre de l'économie Emmanuel Macron. Au sortir de cette rencontre, M. Eric Duchenne, numéro deux de l'entreprise, affirmait que la fermeture de l'usine n'était pas à l'ordre du jour.

La Bauxaline séduit en tout cas les élus locaux. Quel que soit leur bord, ils se contentent généralement des études fournies par l'exploitant, pourtant dénoncées depuis des années par les associations écologistes ou les pêcheurs. L'un des élus les plus coopératifs se nomme François-Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône. Le recyclage des boues en matériaux de construction devient une solution emblématique pour l'Institut de l'économie circulaire, qu'il préside. Et qu'a naturellement rejoint l'établissement de Gardanne, aux côtés de nombreuses autres entreprises comme EDF, Vinci ou Veolia.

" Au total, nous avons investi une trentaine de millions d'euros ", souligne M. Duchenne. L'investissement dans les trois filtres-presse rassure aussi les syndicats, même si l'ambiance au sein de l'entreprise " n'est pas excellente ", selon Mme Brigitte Secret, déléguée syndicale CFE-CGC : " Aujourd'hui, les gens de l'usine en ont un petit peu ras le bol de tout ça. C'est la meilleure technique connue actuellement sur le marché. L'usine a investi des sommes colossales pour réduire son impact environnemental. Alteo s'est équipé de nouvelles machines pour ramasser les poussières et on pratique des arrosages systématiques de nos produits pour qu'il n'y ait pas d'envolement. "

Ristourne sur la redevance de l'eau

Un salarié qui a souhaité rester anonyme se montre plus circonspect : " C'est très difficile de connaître la vérité. En tant qu'employés d'Alteo, on ne veut ni se mettre en danger ni devenir des pollueurs professionnels, c'est une évidence. Mais je pense que les salariés prennent le risque de ne pas connaître toute la vérité pour continuer à bosser. Ils n'ont pas envie qu'on dise qu'il faut fermer l'usine parce qu'il y aurait un danger pour notre santé. Parce que si on ferme l'usine, ça fait mille personnes au chômage, là, d'un seul coup ! "

En réalité, les trois filtres-presse destinés à déshydrater les boues ont été financés pour moitié par l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse. Un joli cadeau auquel s'ajoute une ristourne sur la redevance de l'eau, passée de 13 millions d'euros à seulement 2, 6 millions en 2014. Lorsqu'il était encore député, en 2012, l'actuel maire de Bouc-Bel-Air, M. Richard Mallié (UMP), a été à l'origine d'un amendement sur mesure permettant ce rabais dans la loi de finances rectificative. " Il fallait bien sauver l'usine ", justifie-t-il aujourd'hui.

L'entreprise qui a su s'attirer tant de faveurs appartenait à l'origine à Aluminium Pechiney, qui est resté propriétaire des infrastructures. Après le rachat en 2003 de Pechiney par Alcan, lui-même racheté quatre ans plus tard par Rio Tinto, elle est tombée en 2012 dans l'escarcelle de l'américain HIG Capital. Celui-ci fait partie de la galaxie des fonds de placement qui ont activement soutenu la campagne du républicain Willard (" Mitt ") Romney contre M. Barack Obama lors de l'élection présidentielle américaine de 2012.

En attendant les compléments d'enquête sur l'environnement demandés par la ministre de l'écologie, les questions de santé publique restent les plus difficiles à éclaircir. Les envols d'éléments toxiques inquiètent les riverains, qui suffoquent littéralement quand le mistral se lève. En visitant leurs maisons, on peut voir les traces de cette poussière rouge qui s'infiltre partout. D'après notre décompte, sur la vingtaine d'habitants vivant au plus près du dépôt de boue, huit souffrent de cancers, une de la maladie de Charcot et cinq ont des problèmes de thyroïde. Pressé par ses administrés depuis des mois, le maire de Bouc-Bel-Air vient de demander une enquête au ministère de la santé. L'Agence régionale de santé (ARS), quant à elle, refuse de livrer ses chiffres de morbidité par cancer pour les communes de Gardanne et de Bouc-Bel-Air. Et le médecin du travail qui s'occupe des salariés de l'usine n'est guère plus loquace…

(1) Questions-réponses sur www.alteo-environnement-gard...

(2) « Usine d’alumines de spécialités d’Alteo Gardanne. Tierce expertise… » (PDF), rapport final du BRGM, Orléans, décembre 2014.

(3) Bauxite Residue and Aluminium Valorisation Operations, projet soutenu par la Commission européenne.

(4) Expertise sur la « Contamination significative historique en milieu marin en Méditerranée... » (PDF), Ifremer, Issy-les-Moulineaux, 23 janvier 2015.

(5) Appui scientifique et technique de l’Anses, saisine no 2014- SA-0223, Maisons-Alfort, 2 février 2015.

(6) L’aluminium est neurotoxique. L’arsenic est cancérigène, également responsable de troubles digestifs et de la reproduction.

(7) Algade émane de l’ancienne Cogema, aujourd’hui Areva.

(8) Rapport publié sur le site Hexagones.fr, décembre 2014.

(9) Directive 2013/59/Euratom.

(10) « Vote counting company tied to Romney », Free Press, 27 septembre 2012.

Courtoisie Le Monde Diplomatique, Barbara Landrevie


 

Evaluation des risques sanitaires liés aux émissions atmosphériques du site


Rapport / BURGEAP

La société RIO TINTO ALCAN exploite sur la commune de Gardanne (13) un site de production d’alumines. Afin de connaitre l’impact de ses rejets atmosphériques (canalisés et diffus) sur la santé des populations résidant à proximité, la société RIO TINTO ALCAN souhaite réaliser une évaluation quantitative des risques sanitaires. A la demande de la DREAL, cette étude portera à la fois sur les PM10 et les PM2.5 ainsi que sur l’ensemble des polluants émis.

Le cadre méthodologique choisi pour mener cette étude a été construit à partir des documents de référence actuellement en vigueur en France le guide méthodologique INERIS1 de Juillet 2003 sur l’évaluation des risques sanitaires qui définit les principes généraux de l’évaluation des risques sanitaires ainsi que le
« Guide pour l’analyse du volet sanitaire des études d’impact – février 2000 » de l’InVS2.

L’objectif de cette étude est ainsi d’évaluer les risques chroniques liés à l’exposition des populations riveraines aux polluants atmosphériques émis par le site de RIO TINTO ALCAN, lors d’un fonctionnement normal et selon les valeurs d’émission fournies.



En savoir plus sur la Bauxaline


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