Pesticides, dioxines et PCB

 

 

 

 

 

En élaboration




Mots clés :pesticides, dioxines et BPC, herbicides, insecticides, fongicides, produits phytosanitaires de synthèse, perturbateurs endocriniens, abeilles, dioxines et PCB, Abeilles, Néonicotinoïdes, Produits phytopharmaceutiques, Biocides



 

 

Alerte aux PFAS
:
Révélation d’une pollution inquiétante aux PFAS
près de la plateforme chimique de Salindres dans le Gard.

 

 

Générations Futures dévoile ce jour des résultats d’analyse qui montrent une contamination importante par les PFAS dans les eaux de surface et l’eau potable aux alentours de la plateforme chimique de Salindres, dans le Gard. Face à cette menace environnementale et possiblement sanitaire, Générations Futures appelle à une action urgente des autorités et va déposer un recours juridique.



Pourquoi les PFAS et pourquoi Salindres ?

Il est question dans l’actualité depuis maintenant plusieurs mois du sujet des PFAS, aussi nommés “polluants éternels”. Générations Futures s’intéresse à ces substances chimiques depuis de nombreuses années du fait notamment de leur persistance et dangerosité et également du fait de réglementations en cours de discussion au niveau européen en vue de leur restriction.



La plateforme chimique de Salindres, sur laquelle se trouve une usine du groupe Solvay, est l’une des cinq usines de production de PFAS en France. Générations Futures a déjà mené de premières analyses dans l’Oise. Elle poursuit donc ses investigations dans une zone géographique directement concernée par ce sujet des PFAS...(...).

« Les concentrations de TFA que nous avons découvertes représentent non seulement une violation flagrante du principe de précaution mais signalent également un risque potentiel pour la santé publique. Les effets à long terme de l’exposition aux PFAS, notamment sur le système immunitaire, la reproduction et le développement, sont profondément préoccupants. Il est impératif que nous agissions maintenant pour prévenir une crise sanitaire future.« Déclare Pauline Cervan, toxicologue chez Générations Futures

« Les résultats de notre dernière enquête doivent inciter les pouvoirs publics à prendre des mesures immédiates. Nous ne pouvons plus ignorer la menace que les PFAS représentent pour nos écosystèmes et notre santé. Générations Futures est déterminée à lutter pour une réduction très forte de ces polluants et pour la mise en place d’une réglementation stricte qui protège véritablement l’environnement et les citoyens. Nous appelons les autorités à répondre à nos demandes dans les plus brefs délais. » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.



Téléchargez notre Rapport Salindres PFA

La suite et la source : Générations futures

 




 

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Le S-Métolachlore, dangereux pour les nappes phréatiques et pour la santé

 




L'agence française de sécurité sanitaire a annoncé vouloir interdire les principaux usages du S-métolachlore.

Le produit est l'un des herbicides agricoles les plus utilisés.

Mais des dérivés chimiques ont été détectés au-delà des limites autorisées dans des eaux souterraines fournissant de l'eau potable.



Après les néonicotinoïdes, clap de fin pour le S-métolachlore. L'agence française de sécurité sanitaire (Anses) souhaite en effet interdire les principaux usages de cet herbicide agricole parmi les plus répandus dans l'Hexagone. La raison : certains de ses dérivés chimiques ont été détectés au-delà des limites autorisées dans des eaux souterraines fournissant de l'eau potable.

"Lors des contrôles des eaux souterraines destinées à la consommation humaine, trois métabolites du S-métolachlore ont été fréquemment détectés à des concentrations dépassant les normes de qualité" fixée par la législation européenne, a détaillé l'agence sanitaire. Un coup dur pour les céréaliers français, principaux utilisateurs du produit, notamment pour les cultures de maïs, de tournesol, de betterave et de soja.

Des risques pour la santé ?


Mais face aux risques pour l'alimentation en eau potable - le S-métolachlore ayant été classé comme susceptible de provoquer des cancers par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) - l'Anses a annoncé qu'elle engageait "la procédure de retrait des principaux usages des produits phytopharmaceutiques à base de S-métolachlore", dont un certain nombre sont commercialisés par Syngenta, le poids lourd allemand du secteur. Mais "la décision définitive est en cours", a précisé une porte-parole de l'agence. L'interdiction des principaux usages de ces désherbants ouvrirait un "délai de grâce" permettant la vente des produits pendant encore six mois et leur utilisation pendant 12 mois, selon l'Agence française de sécurité alimentaire.

Avec 1946 tonnes par an, "le S-métolachlore est l'une des substances actives herbicides les plus utilisées en France", explique l'Anses. Il est le troisième pesticide de synthèse le plus vendu après le glyphosate et le prosulfocarbe. Après usage dans les champs, cette substance se dégrade en des dérivés chimiques, des "métabolites", qui se retrouvent dans les sols, les eaux de surface et eaux souterraines. Sur ce dossier, l'agence sanitaire est sous pression de l'ONG Générations Futures et d'élus en Bretagne, qui lui avaient reproché cet automne de revoir à la baisse le risque sanitaire du métolachlore-ESA et du métolachlore-NOA, deux métabolites du S-métolachlore.

https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/pesticide-s-metolachlore-france-nappes-phreatiques-contaminees-l-anses-veut-interdire-l-un-des-desherbants-les-plus-utilises-2248225.html



 




 

Source : UFC Que choisur / Publié le : 24/03/2022

« comment nous avons procédé »

voir notre enquête

 


 

 

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Des solutions alternatives aux néonicotinoïdes
pour lutter contre la jaunisse dans les cultures de betteraves

Dans une mise à jour de son avis de 2018 sur les alternatives aux néonicotinoïdes, l’Anses a identifié vingt-deux solutions pour lutter contre les pucerons et la maladie de la jaunisse dans les cultures de betteraves sucrières. Ces moyens de lutte pourraient prendre le relais des produits à base de néonicotinoïdes, interdits depuis 2018, mais dont l’utilisation a été réintroduite par dérogation en 2020 pour les traitements des semences de betteraves. Ces solutions alternatives qui présentent des efficacités correctes mais insuffisantes en utilisation seule, nécessiteront une approche de lutte intégrée pour atteindre une efficacité suffisante, voire une évolution des pratiques culturales.



En 2020, de fortes populations de pucerons vecteurs des virus de la jaunisse ont envahi les cultures de betteraves. Cette situation a conduit à l’utilisation par dérogation de produits à base de néonicotinoïdes pour l’enrobage des semences de betteraves, en l’absence d’autres moyens de lutte suffisamment efficaces pour cette filière. Afin d’éviter que les producteurs et l’industrie sucrière ne se retrouvent de nouveau confrontés aux conséquences de ce problème, l’Anses a été saisie par le ministère chargé de l’agriculture pour identifier des alternatives efficaces et disponibles pour réduire les populations de pucerons infestant la betterave sucrière.

Quatre solutions à court terme ont été identifiées : deux produits phytopharmaceutiques conventionnels à propriété insecticide et deux pratiques à mettre en œuvre dans les parcelles cultivées afin de réduire les populations de pucerons. Il s’agit pour ces dernières du paillage et de la fertilisation organique, afin de contrôler les apports d’azote.

En plus de ces solutions immédiatement utilisables, 18 autres moyens de lutte devraient être disponibles dans un délai de deux à trois ans. Certains produits phytopharmaceutiques utilisés pour d’autres cultures pourraient également bénéficier d’une extension d’usage de leurs autorisations de mise sur le marché.

La plupart des solutions alternatives considérées substituables aux néonicotinoïdes montrent des efficacités correctes mais insuffisantes, en utilisation seule, pour réduire les niveaux de dégâts à un seuil économique acceptable. L’Anses recommande donc de soutenir l’effort de recherche et développement pour adapter les solutions identifiées sur d’autres cultures au cas de la betterave sucrière et tester des combinaisons de solutions dans une approche de lutte intégrée, ainsi qu’en matière d’épidémiosurveillance.
Un éventail de moyens de lutte complémentaires

Pour identifier ces moyens de lutte, le groupe d’experts a analysé plus de 3 800 références de la littérature scientifique, constatant que peu de ces travaux se sont intéressés à la lutte contre les pucerons de la betterave. Les experts ont néanmoins identifié un panel de solutions techniques existantes ou à développer. « Les solutions identifiées sont de nature diverse. L’utilisation de plusieurs produits ou méthodes en association sera à envisager pour obtenir un niveau d’efficacité suffisant et éviter l’apparition de résistances chez les pucerons », précise Hervé Jactel, le président du groupe de travail en charge de l’expertise. Parmi les solutions, on trouve des produits phytopharmaceutiques de synthèse et d’origine naturelle, des microorganismes, des insectes prédateurs ou parasitoïdes des pucerons (les parasitoïdes pondent leurs œufs à l’intérieur des pucerons), des huiles végétales ou minérales, qui assurent une protection physique des betteraves, des méthodes de stimulation des défenses naturelles des plantes, la sélection de variétés de betteraves résistantes au virus de la jaunisse et enfin des méthodes culturales combinant la culture de la betterave avec d’autres plantes, dont la fonction est de réduire l’accès des pucerons aux plants de betterave ou de favoriser l’action des arthropodes prédateurs ou parasitoïdes des pucerons.
Des alternatives adaptées aux betteraves

Cette expertise vient compléter le rapport rendu par l’Anses en 2018 sur les alternatives aux néonicotinoïdes : « Dans le cadre de la première expertise, nous avions une vision d’ensemble, avec 130 usages analysés, explique Emmanuel Gachet, coordinateur scientifique de l’expertise et responsable de l’unité Expertise sur les risques biologiques du laboratoire de la Santé des végétaux de l’Anses. Ici, nous nous sommes concentrés sur les deux espèces de pucerons principalement responsables de la transmission des virus de la jaunisse, le puceron vert du pêcher (Myzus persicae) et le puceron noir de la fève (Aphis fabae) pour identifier des solutions rapidement disponibles pour la betterave sucrière. » Cette expertise s’est concentrée sur l’efficacité, la durabilité et l’opérationnalité des solutions alternatives. Certaines sont encore en cours de développement et, pour celles qui sont réglementées, n’ont pas encore été approuvées au niveau européen. L’Anses rappelle que préalablement à leur utilisation, les produits phytopharmaceutiques doivent faire l’objet d’une évaluation de leur efficacité et des risques pour la santé de l’Homme et l’environnement, y compris les pollinisateurs, avant l’éventuelle délivrance d’une autorisation de mise sur le marché pour l’usage concerné. Elle souligne également la nécessité d’envisager des combinaisons de solutions disponibles, dans une démarche agroécologique, et notamment avec une perspective de diversification des cultures. Source / ANSES


 

 


 

Rappel des faits.


Fin juillet 2020, plusieurs représentants de la CGB (planteurs de betteraves), soutenus par des présidents de Région, interpellaient le ministère de l'Agriculture pour demander le retour des néonicotinoïdes et permettre, par dérogation, l'usage de ces insecticides en protection de semences afin de lutter contre la jaunisse, maladie induite par la présence de pucerons verts. Malgré notre mobilisation et le rejet des citoyen.nes du retour de ces insecticides " tueurs d'abeilles ", une loi a été promulguée le 14 décembre validant ce retour.

Certaines de nos organisations ont à nouveau fait entendre leur voix à la fois lors de la consultation publique portant sur l'arrêté d'application de la loi et dans le cadre du comité de surveillance où siège notre association. Or, à l'heure actuelle, ces actions n'ont pas atteint l'objectif escompté: stopper le retour des néonicotinoïdes.

Ainsi, comme annoncé, nous avons souhaité, dès publication de cet arrêté d'application, engager des recours juridiques contre ce texte. C'est ce que nous faisons aujourd'hui, dans le cadre d'une procédure devant les tribunaux administratifs de Toulouse et Lyon.


Les recours.


Par le biais de nos avocats, nous déposons ce jour plusieurs recours pour demander l'annulation de l'arrêté réautorisant les néonicotinoïdes.

Voici pourquoi (entre autres) :

  • l'exposition des abeilles à ces néonicotinoïdes sera, entre autres, générée par la flore spontanée et sauvage présente dans et en marge de la zone betteravière, ce qui représente un risque impossible à maîtriser,
  • l'implantation de ce type de semences engendrera une diminution des ressources alimentaires pour les pollinisateurs,
    les néonicotinoïdes sont persistants dans les sols et rémanents dans les cultures,
  • le sol est une voie d'exposition de la biodiversité, voie d'exposition non prise en compte dans le cadre de cet arrêté,
  • le texte fait l'impasse sur les effets induits par ces insecticides sur les oiseaux et autres mammifères sauvages ainsi que sur la pollution de l'eau et de l'environnement,
  • l'arrêté ne prévoit aucun dispositif spécifique de contrôle renforcé,
  • les pucerons - visés par l'utilisation des néonicotinoïdes - ne sont pas les seuls responsables des baisses de rendements. Les conditions climatiques et particulièrement la sécheresse sont également responsables de cette baisse. Or l'arrêté fait l'impasse sur ce fait.

Conclusion


Pour toutes les raisons développées dans nos requêtes, nos organisations demandent l'annulation de cet arrêté qui aurait comme conséquence d'induire des effets néfastes pour la biodiversité en générale et pour les pollinisateurs en particulier.

Alors que se discute en ce moment même le futur référendum voulu par Emmanuel Macron lui-même visant à garantir dans la Constitution " la préservation de la biodiversité ", il parait tout à fait contradictoire de laisser revenir sur le marché ces substances très nocives. Nos ONG espèrent donc que la justice saura nous entendre sur ce point.

[1] https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2020.6056

[2] https://www.unaf-apiculture.info/IMG/pdf/cp_unaf_closer_et_transform.12.12.2019.pdf et https://www.generations-futures.fr/actualites/victoire-neonicotinoide/

[3] https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2018.5402

[4] https://efsa.onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.2903/j.efsa.2019.5842

© Générations Futures, Justice Pesticides, Pollinis, le Syndicat National d’Apiculture (SNA), Terre d’Abeilles, et l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF)


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Révélation : une étude scientifique prouve la présence de produits toxiques non déclarés sur l’étiquette de 14 pesticides

Les chercheurs Gilles-Eric Séralini et Gerald Jungers ont publié fin octobre une nouvelle étude accablante dans la revue Food and Chemical Toxicology. Les scientifiques ont analysé 14 formulations d’herbicides sans glyphosate par spectrométrie de masse. Les résultats de ces analyses sont effarants car ils montrent la présence fréquente de substances très dangereuses …qui ne sont pas indiquées sur l’étiquette des produits !
Des métaux lourds et des métalloïdes comme l’Arsenic, le Cuivre, le Plomb, le Nickel. Des hydrocarbures polycycliques aromatiques ont aussi été détectés dans 12 d’entre eux ; certains sont des cancérogènes reconnus par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), comme le benzo(A)pyrène.



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En plus de l'étude complète, les deux chercheurs ont décidé de publier décembre décembre l'ensemble des données brutes de leur étude, pour une totale transparence. Elles sont à retrouver ici https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352340920314463?via%3Dihub.

L’étude conclut que «la formulation complète est employée sur le terrain, et pas seulement le principe actif déclaré qui à ce jour est étudié seul à des fins de toxicité à long terme. Les travaux futurs sur la toxicité des pesticides pour les évaluations réglementaires devraient inclure l'étude des formulations commerciales complètes. »

Depuis 40 ans, les lanceurs d’alertes et les ONG s’inquiètent de l’impact des pesticides sur notre santé et remettent en cause les systèmes d’autorisation de mise sur le marché. En octobre 2020, la dernière étude de Gilles-Eric Séralini et Gérald Jungers, révèle que 14 herbicides contiennent de l’Arsenic, des métaux lourds et d’autres substances toxiques cancérogènes non déclarés sur les étiquettes. Ces chercheurs dénoncent une fois de plus les méthodes d’évaluation des pesticides : seul le “principe actif déclaré” donne lieu à une évaluation sur sa toxicité à long terme. On considère donc que les autres substances, utilisées par nos agriculteurs et par nos voisins dans leurs jardins dans la formule complète, sont forcément inoffensives ? L’étude prouve le contraire ! La suite





Dans le Gard, la délicate cohabitation avec un géant des pesticides


Dans le Gard, la délicate cohabitation avec un géant des pesticides

La gigantesque usine Syngenta est la voisine encombrante des habitants d’Aigues-Vives, dans le Gard. Premier employeur du secteur ainsi qu’épée de Damoclès environnementale et sanitaire, le lieu qui produit pesticides et herbicides par millions de litres reste entouré d’une aura de secret.

Aigues-Vives (Gard), reportage

À Aigues-Vives, petite commune en plein boom du sud du Gard, on s’est habitué au silence. Les tours blanchâtres et décrépies de l’usine, le ballet des camions-citernes et les rangées de cuves ont beau en effrayer beaucoup et cacher des secrets, personne n’en parle. La presse locale s’était bien fendue de quelques lignes à la suite de la catastrophe de Lubrizol, mais guère plus. « C’est un gros employeur du coin, donc les gens n’en disent pas trop de mal. Mais, forcément, on n’aime pas vraiment ce qu’ils font. C’est devenu une sorte de tabou », résume un ancien de la commune.

Cette usine, c’est celle de Syngenta, le géant suisse de l’industrie phytosanitaire. Vingt-cinq millions de litres d’herbicides, pesticides et fongicides en sortent chaque année. Des milliers et des milliers de bidons blancs et verts destinés aux champs des agriculteurs français, ukrainiens, sud-africains... « Des médicaments pour les plantes », répètent comme un mantra les salariés et retraités de la boîte, sans conviction et avec un petit sourire qui en dit long. « C’est sûr qu’on ne fait pas du chocolat. On utilise des produits très dangereux, ceux avec la tête de mort. Mais on les manipule avec des précautions et une sécurité poussées à l’extrême », insiste ce conducteur de ligne (*), plutôt écolo, « mais il faut bien manger ».


L’usine est passée de la pâte de fruits aux herbicides interdits en France. la suite ...

¨© 28 octobre 2020 / Robin Bouctot (Reporterre)




Les cartes de France des départements les plus consommateurs de pesticides

Le Nord, la Champagne, le Bordelais, la région nantaise et le littoral méditerranéen : ces régions de France semblent être les plus exposées aux pesticides, notamment aux plus néfastes pour la santé, selon des cartes que Générations Futures publie ce mardi sur son site et dont Le Parisien a eu la primeur.

L'association de défense de l'environnement a utilisé une base de données qui dépend du ministère de la Transition écologique, la BNV-D (Banque nationale de ventes des distributeurs). Cette base intègre l'ensemble des déclarations annuelles des fournisseurs de pesticides en France. Un tableur de près de 770 000 lignes dans sa version la plus condensée, rien que pour 2017, qui montre où les produits sont vendus.

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Ce sont les premiers enseignements d’une base de données constituée par l’Agence française pour la biodiversité, à laquelle Mediapart a eu accès et dont une version caviardée a été publiée le 1er juillet sur le site Eaufrance, qui répertorie les achats de pesticides selon le code postal de leurs acquéreurs. On y trouve aussi les dénominations des vendeurs, des produits (comme le fameux Roundup) et des substances (glyphosate, etc.), ainsi qu’une classification selon leur dangerosité pour la santé et l’environnement.





Générations futures a publié le 17 juin 2020 un nouveau volet de notre série d’enquête EXPPERT.

L’objet de cette enquête est l’analyse des résultats des contrôles sanitaires de l’eau du robinet réalisés dans le cadre d’analyses réglementaires par les agences régionales de santé.

Nous avons voulu savoir quelle était la proportion des résidus de pesticides quantifiés lors de ces analyses d’eau du robinet ayant des propriétés cancérogène, mutagène, reprotoxique (CMR) ou perturbatrice endocrinienne (PE).

EXPPERT 12 : : Des pesticides perturbateurs endocriniens, cancérigènes mutagènes et reprotoxiques
dans l’eau du robinet en France en 2019



 

 

En savoir plus avec MEDIAPART

 

Cherchez une commune sur la carte ci-dessous pour connaître ses achats de pesticides en 2017. Utilisez le menu « visible layers » pour mettre en regard ces données avec la surface agricole et les types de cultures (vignes, céréales, oléoprotéagineux).



© MEDIAPART / Commune par commune, la carte de France des pesticides

L’utilisation des produits phytosanitaires varie aussi selon les types de culture. Par exemple, en 2000, les viticulteurs consommaient à eux seuls 20 % des pesticides en France. Pourtant, à l’époque, selon des données du ministère de l’agriculture, les vignobles ne représentaient que 3 % de la surface agricole utile (SAU). En comparaison, les cultures de maïs aggloméraient 10 % de la consommation de pesticides pour 7 % de la SAU nationale. (...)

Un chef de service du ministère de la transition écologique, qui a souhaité rester anonyme, parle également d’un « effet de stock » concernant les pesticides : « Des agriculteurs ont commencé à stocker du glyphosate par précaution [en vue de sa future interdiction – ndlr]. Ils achètent beaucoup plus de produits qu’ils n’en consomment. » Source / MEDIAPART





L’Union européenne fabrique et exporte des milliers de tonnes de pesticides interdits
sur son territoire

 

Alors que l'Union européenne interdit l'utilisation de plus en plus de pesticides sur ses sols, elle continue d'en fabriquer pour les exporter. C'est ce que révèlent deux ONG dans une nouvelle enquête. Au total, 80 000 tonnes de pesticides ont ainsi été livrées, à 85 %, à des pays émergents ou en développement. La France, elle, en a exporté plus de 7 600 tonnes mais devrait mettre fin à ce commerce en 2022.

 

 

C’est une situation peu connue du grand public et pour le moins inquiétante. Selon une enquête publiée ce 10 septembre par Greenpeace UK et Public Eye, en 2018, les pays membres de l’Union européenne ont exporté plus de 80 000 tonnes de pesticides contenant pourtant des substances interdites dans la zone euro en raison de risques environnementaux ou sanitaires.

Dans le Top 3 des substances les plus exportées, on trouve par exemple le paraquat, un herbicide utilisé dans les monocultures de maïs, de soja ou de coton et soupçonné de lien avec la maladie de Parkinson. La justice européenne l’a interdit sur son territoire en 2017. Or l’Union européenne en a fabriqué et exporté plus de 28 000 tonnes en 2018. Ce pesticide représente à lui seul un tiers des volumes exporté.

Sur la deuxième place du podium, avec 15 000 tonnes exportées, le dichloropropène. Classé cancérogène probable, utilisé dans la culture de légumes, l'Union européenne l'a interdit en 2007. Enfin, la cyanamide, un régulateur de croissance utilisé dans la vigne et la culture de fruits, interdit dans l’UE depuis 2008, arrive en troisième position. .(...) la suite

© NOVETHIC / Marina Fabre, @fabre_marina


 

 

Comment des pesticides interdits en Europe se retrouvent dans nos jus, notre café et nos assiettes via le Brésil


 

Champion du monde de la consommation de pesticides, le Brésil semble vouloir conserver son titre si peu honorifique avec le président Bolsonaro aux commandes. Le consommateur européen pourrait regarder cela de loin, se pensant à l’abri derrière les normes sanitaires plus restrictives de son continent. En fait, cela nous concerne aussi directement. Car des pesticides interdits en Europe continuent d’y être fabriqués puis sont exportés vers le Brésil, qui nous les renvoie ensuite parmi les tonnes de soja, de café, de raisin, ou d’oranges vendues chaque année à la France et au reste de l’Europe. Explications.

239 pesticides supplémentaires ont été légalisés et mis sur le marché au Brésil depuis l’arrivée au pouvoir du président d’extrême-droite Jair Bolsonaro, le 1er janvier 2019. Plus d’un par jour ! Un record qui vient s’ajouter à celui d’être le premier consommateur de pesticides au monde, avec plus de 500 000 tonnes par an. En 2017, le Brésil représentait même 18 % du marché mondial des pesticides. La très importante présence de groupes agricoles industriels et de leurs lobbys jusqu’au sein du parlement brésilien explique cette course folle. Mais à quel prix ? Une personne meurt presque tous les deux jours au Brésil intoxiquée par les pesticides [1]. Évidemment, les travailleurs agricoles sont les plus exposés. Un drame sanitaire que la nouvelle ministre de l’Agriculture brésilienne, Tereza Cristina da Costa, explique par le fait que, selon elle, « les travailleurs agricoles font un mauvais usage des produits ».

Avant d’entrer au gouvernement de Bolsonaro, Tereza Cristina da Costa dirigeait l’association des « ruralistes » au Parlement brésilien. Ce groupe rassemble députés et sénateurs qui portent les intérêts de l’agrobusiness. Dans la même veine, la ministre a défini les pesticides comme « une sorte de médicament », et ajouté que « les plantes sont malades et nécessitent ces médicaments ». Mais d’où viennent ces soi-disant médicaments qui tuent les travailleurs agricoles et que le Brésil asperge sur ses terres par centaines de milliers de tonnes ? Une partie de ces pesticides est produite sur le continent européen, par des entreprises européennes, puis exportée au Brésil. Certains de ces produits ne sont destinés qu’à l’exportation. Cela pour une raison simple : ils sont tellement toxiques que leur utilisation est interdite en Europe. (...) la suite

© BASTA ! / par Guy Pichard 2 juillet 2019


 


Des contrôles réalisés dans le cadre du Forum d'application de l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) ont révélé que 23 % des produits importés inspectés n'étaient pas conformes aux règlements européens


 

Conformément à larticle 41 de REACH, l’ECHA peut examiner à tout moment tout dossier d’enregistrement afin de vérifier que les informations soumises par les déclarants sont conformes aux obligations légales. Les exigences légales (exigences en matière d’informations standard) sont cumulatives et dépendent de la fourchette de quantité. Lire la suite ...





La betterave, cheval de Troie des néonicotinoïdes

Le gouvernement veut réautoriser l’utilisation des insecticides néonicotinoïdes dans les champs de betteraves, décimés par le virus de la jaunisse. Seule solution, selon les producteurs, pour sauver leurs récoltes. Face à l’enjeu économique, les défenseurs des abeilles et ceux qui veulent repenser la filière betteravière ont du mal à se faire entendre.

 

À gauche, une betterave sucrière faiblement touchée par le virus de la jaunisse. Elle garde encore de longues feuilles vertes. À droite, la betterave fortement touchée par le virus est plus petite, a perdu la moitié de ses feuilles et a pris une teinte jaune.

Cette année, à cause d’un hiver doux et d’une saison printanière chaude, ce puceron a proliféré et transmis le virus à bon nombre de betteraves.

Deux visions s’opposent dans cette polémique. Celles de producteurs de betteraves qui, en toute logique, veulent seulement continuer à gagner leur vie et voient dans les néonicotinoïdes une réponse à leurs problèmes ; et ceux qui plaident pour une réduction de la production et une réorganisation entière de la filière. En effet, si les rendements de betteraves venaient à baisser, les sucreries devraient donc aller chercher plus loin les productions, et par conséquent payer plus cher.

© :
:https://reporterre.net/La-betterave-cheval-de-Troie-des-neonicotinoides



 

Une course à la rentabilité

"La culture de la betterave n'est pas alliée avec les néonicotinoïdes", explique le chercheur. "C'est une culture ancienne et traditionnelle". Face au retour possible des néonicotinoïdes, Jean-Marc Bonmatin accuse surtout la course à la rentabilité. "Le problème, c'est que les betteraviers font aujourd'hui face à une concurrence effrénée des pays de l'Est et de l'Amérique latine. Ils sont amenés à essayer de produire le moins cher possible et les néonicotinoïdes permettent ce type de productions intensives".

"Je comprends le souci des betteraviers" affirme Jean-Marc Bonmatin mais ajoute que ce n'est selon lui "pas la mort de la filière", dont la production est menacée à hauteur de "10 ou 15%", alors qu'elle a été "multipliée par deux ou par trois sur les 30 dernières années". "Je pense qu'il vaudrait mieux aider les betteraviers à passer ce mauvais cap plutôt que de réintroduire des néonicotinoïdes, qui ont été interdits au bout de 20 ans de recherches et sur décision des parlementaires en 2016".

Des pesticides dangereux pour l'environnement et la santé humaine

Jean-Marc Bonmatin rappelle les effets néfastes du produit sur l'environnement. "Ils se débarrassent de tous les ravageurs bien sûr. Mais ce faisant, ils contaminent l'environnement gravement et la biodiversité en souffre également". Les néonicotinoïdes sont d'ailleurs connus pour être particulièrement néfaste aux abeilles. "Et il y a aussi des impacts sur la santé humaine !", explique le chercheur.

On lance l'alerte en disant attention avant de réautoriser les néonicotinoïdes. Il faut peser le pour et le contre et le contre nous semble l'emporter.

Ces pesticides peuvent être retrouvés pour les plus résistants 30 ans après leur dernière utilisation, et se retrouve dans toute l'alimentation. "Les néonicotinoïdes ont eu un tel succès commercial que 100% quasiment de la nourriture qui est produite dans le monde en contient", alerte-t-il. "Nous avons publié récemment une étude qui montre que 50% de la nourriture dans le monde qui en comporte est au-dessus du seuil de danger pour le public. Donc, je vous mets au défi de faire un seul repas dans l'année sans en consommer, que ce soit dans les fruits, dans les légumes, dans les boissons, le vin et même l'eau", détaille Jean-Marc Bonmatin à franceinfo.

 

 





10 raisons pour ne pas voter la dérogation à l’interdiction des néonicotinoïdes





31 organisations demandent aux parlementaires d’avoir le courage politique de s’opposer à un projet de loi dangereux pour la biodiversité et pour l’avenir de notre agriculture

En contradiction totale avec des centaines d’études scientifiques accablantes depuis les années 1990 sur l’impact des néonicotinoïdes sur la biodiversité, une telle mesure constituerait un nouveau recul en matière de transition écologique et sociale. Dans un courrier adressé aux parlementaires, nous listons 10 bonnes raisons de ne pas ouvrir cette boîte de Pandore, qui conduirait tant les agriculteurs que la biodiversité dans une impasse :

Même si la betterave est récoltée avant floraison, l’usage des néonicotinoïdes aura un effet sur les pollinisateurs qui butineront les fleurs alentour, et plus largement sur l’ensemble de l’écosystème (oiseaux, insectes, espèces aquatiques…).
En pratique, il est impossible de conditionner la dérogation aux conditions météorologiques comme le prétend le Gouvernement : comment savoir en avance si l’hiver sera doux ou non ?
Une résistance des prédateurs des cultures et des pucerons aux molécules néonicotinoïdes commence d’ores et déjà à se développer, la chimie n’est donc pas une solution viable à long terme.
La survie de la filière betterave ne dépend pas des néonicotinoïdes.
Notre souveraineté alimentaire en termes de sucre n’est pas menacée.
Protéger la biodiversité est essentiel pour notre production agricole et apicole, et au-delà pour la survie humaine.
Des alternatives non chimiques aux néonicotinoïdes existent et doivent être soutenues.
Accorder une telle dérogation ouvrirait la porte à des demandes émanant d’autres filières.
Le principe de non-régression du droit de l’environnement est inscrit dans la loi.
Il est temps de cesser de recourir à des palliatifs et de repenser en profondeur notre modèle agricole pour le rendre plus résilient et durable.

Le retour des néonicotinoïdes est donc une proposition incompréhensible, qui interroge fortement sur les réelles priorités du gouvernement au moment même où un renforcement des politiques publiques environnementales est annoncé au plus haut niveau de l’État.



 



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Voila un exemple de rapport fait par la très haute instance ANSES qui évidement semble remarquablement incompréhensible pour le citoyen lambda.

Ne serait-il pas possible de faire une tentative tentative d'effort pour vulgariser ce sujet ?





 

Il est peu probable que ce document mette un terme à défiance grandissante de la population aux épandages de produits phytosanitaires en proximité des habitations et des écoles

La protection des riverains lors de l’utilisation des produits phytosanitaires :
les travaux de l’Anses

L’Anses, l’Ineris dans le cadre du Laboratoire central de surveillance de la qualité de l’air (LCSQA) et le réseau des Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA), fédéré par Atmo France, publient ce jour les résultats de la campagne de mesure des résidus de pesticides dans l’air, menée de juin 2018 à juin 2019.




Les résultats de la campagne de mesure



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Nous voulons des coquelicots

Pétition

Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises. Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, des maladies de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans; la moitié des papillons en vingt ans; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !
Non, nous ne voulons plus. À aucun prix. Nous exigeons protection.

Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides de synthèse en France. Assez de discours, des actes.


Appel pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse


 

 

 

Les ventes de pesticides et de glyphosate ont explosés en France


 

 

L’épandage des pesticides à nouveau autorisé au plus près des habitations

 

Les agriculteurs qui pulvérisent des pesticides ne sont pas confinés. Au contraire. Ils viennent d’obtenir de nouvelles facilités pour s’approcher des habitations. Jusqu’au 30 juin 2020, il sera possible d’épandre des pesticides jusqu’à trois mètres des habitations pour les cultures basses comme les céréales et les légumes, et cinq mètres pour les cultures hautes comme la vigne ou les arbres fruitiers. Et cela sans qu’aucune charte d’engagements – censée garantir une bonne conduite de la part de l’épandeur – ne soit approuvée par le préfet, ni soumise à la concertation publique comme le prévoit pourtant la loi. Pour le moment, 25 départements sont concernés, dont la totalité du grand Ouest, ainsi que l’Hérault, la Drôme, les Landes, le Nord et le Pas-de-Calais [1].

 

Exit les formalités démocratiques

Normalement, les zones de non traitement (ZNT) qui longent les champs arrosés de pesticides s’étendent sur cinq mètres pour les cultures basses comme les céréales et les légumes, 10 mètres pour les cultures hautes comme la vigne ou les arbres fruitiers, et 20 mètres pour les produits les plus dangereux. La signature d’une « charte d’engagements des utilisateurs », approuvée par le préfet après consultation du public permet de diviser ces distances par deux [2].

La crise sanitaire en cours, qui rend la concertation publique « difficile » selon le gouvernement va permettre aux agriculteurs utilisant des pesticides de se passer de cette formalité démocratique. Ils peuvent, jusqu’au 30 juin prochain, se contenter d’avoir déposé un projet de charte en préfecture pour avoir le droit de répandre leurs produits toxiques au-delà des zones de non traitement minimales prévues par la loi. Inutile d’attendre une quelconque autorisation : le préfet se contente d’accuser réception du projet de charte. « Les utilisateurs engagés dans un projet de charte s’engagent à mener la concertation dès que le contexte Covid19 le permettra », précise le gouvernement. Ce qui est suffisamment vague pour laisser les agriculteurs faire ce qu’ils veulent pendant pas mal de temps.

Face à ce qu’ils définissent comme « un nouveau tour de force de l’agro-industrie », les membres du collectif des victimes de pesticides de l’ouest ne décolèrent pas. « La seule condition imposée pour déroger à la loi, c’est d’avoir inscrit l’utilisation de systèmes anti-dérive (c’est à dire permettant davantage de précisions dans les traitements, ndlr), s’insurge Michel Besnard, membre du collectif. Déjà, ces soi-disant « chartes de bon voisinage » étaient une mascarade puisqu’elles ne réunissent que les acteurs de l’agro-industrie, aucune association ne représentant les riverains. Au moins, elles obligeaient à respecter une pseudo-concertation. » Dénonçant le « cynisme » du gouvernement et des dirigeants agricoles, le collectif demande l’annulation immédiate de ce passe-droit..

(...)

 

Deux collectifs du sud ouest (collectif info Médoc pesticides et Alerte aux toxiques) ont également à leur préfecture de suspendre les pulvérisations de pesticides de synthèse. Le refus de la préfecture leur a inspiré cette réponse :

« La population girondine devra jongler entre les passages des pulvérisateurs pour s’aventurer les 60 minutes autorisées hors de son domicile, renoncer à ouvrir ses fenêtres, s’armer de patience, s’accoutumer à l’angoisse et s’en remettre à sa bonne étoile pour que son organisme ne soit pas rendu trop vulnérable au virus ou à ses complications ».

collectif info Médoc pesticides et Alerte aux toxiques

 



© Basta ! / 2020-04-09 06:30:00 Suite et Source



 





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Communiqué de presse

Perpignan, le 15 mai 2020


UN DISPOSITIF COMPLET POUR NE RIEN CHANGER

La Confédération paysanne des P.O., consultée par la chambre d'agriculture, vient d'annoncer qu'elle refuse de signer le projet de charte riverain.

Cette charte découle d'un décret d'application du 27 décembre 2019 de la loi Egalim relatif aux mesures de protection des personnes lors de l'utilisation de produits phytopharmaceutiques à proximité des zones d’habitation. Elle doit intégrer les modalités d’information, de dialogue et de conciliation, les distances de sécurité par rapport aux zones d’habitation.

Pour la Confédération paysanne la mise en place de Zones de Non Traitement (ZNT) n'a pas d'autres vocation que d'acheter la paix sociale dans les campagnes, avec l'accord du lobby des pesticides. Le Ministère de l'agriculture vient d'ailleurs d'annoncer par un communiqué le 9 mai une aide à l'investissement de 30 millions d'euros pour du matériel performant permettant de limiter les distances de traitement. Alors que ces investissements subventionnés vont permettre le traitement au plus près des habitations, le Ministère ose s'exprimer ainsi : «L’idée, c’est d’accompagner tout le monde dans la transition vers l’agroécologie»

La meilleure manière de protéger la santé des paysans.nes et de la population en général est de permettre au monde agricole de s'affranchir des pesticides. Pour la onfédération paysanne, on ne protégera les riverains qu’en protégeant aussi les paysans. Ça se fera par l'interdiction immédiate des molécules les plus dangereuses. En
parallèle, il faut généraliser les alternatives aux pesticides sur tout le territoire par des soutiens massifs aux paysans et des mesures vis-à-vis des importations de produits agricoles dont les normes seront inférieures aux nôtres. Rappelons que l’évolution de la consommation des pesticides de l’agriculture française a augmenté de 20% de 2009 à 2018, à l'inverse des objectifs du plan Ecophyto qui prévoyait une réduction de 50% pour 2018.

Cette charte doit encore faire l'objet d'une consultation publique dans les semaines à venir. Nous encouragerons alors à y participer massivement pour que chacun demande au Préfet de ne pas valider une charte dont le seul but est d'appliquer le minimum réglementaire (très insuffisant) sous couvert de dialogue.

La Confédération paysanne, tout en refusant le principe même de cette charte riverain, a proposé à la présidente de la chambre d'agriculture de travailler avec elle, sur le développement de projets encourageant des alternatives aux pesticides.
Nous dénonçons la politique de ce gouvernement qui une fois de plus parle d'agroécologie tout en favorisant l'écocide et restons force de proposition pour un projet* ambitieux et réaliste pour une sortie de l'utilisation pesticides.

http://www.confederationpaysanne.fr/sites/1/mots_cles/documents/Livret_CONF_pesticide_web.pdf


Elodie François, co porte parole : 06 87 73 71 57
Victor Tublet, co porte parole : 06 19 73 53 31
Lozat Olivier, animation, communication : 06 31 34 84 59






Ordonnance du 20 avril – Restriction des épandages agricoles

Le juge des référés a rejeté la demande de l’association

Le recours : L’association Respire a demandé au Conseil d’État d’enjoindre au Gouvernement d’appliquer immédiatement et jusqu’à la fin de l’état d’urgence sanitaire, les mesures de restriction des épandages agricoles prévues en cas de pics de pollution, par l’arrêté du 7 avril 2016.

La décision du Conseil d’État :

L’association requérante soutenait que la pollution de l'air par les particules PM10 et PM2,5 constitue un facteur aggravant de la propagation du covid-19 ou, tout au moins, de ses conséquences notamment sur les personnes souffrant par ailleurs de certaines affections respiratoires. Elle réclamait en conséquence que le juge des référés enjoigne au Gouvernement de prendre en urgence des mesures limitant les épandages agricoles pour réduire les émissions de ces particules.

Le juge des référés a tout d’abord relevé, se fondant sur les éléments qui lui ont été remis et les précisions réclamées à l’administration lors de l’audience, que, contrairement à 2019, aucun dépassement du seuil d’alerte de pollution n’a été observé entre le 15 mars et le 14 avril 2020, période marquée par une forte réduction des pollutions issue de l’activité industrielle et des transports en raison des mesures de confinement, et que les dépassements du seuil d’information-recommandation avaient été moins importants qu’en 2019.

Le juge des référés a estimé que les trois principales études sur lesquelles l'association requérante fondait sa requête et les éléments apportés lors de l’audience ne permettaient pas de conclure à la nécessité de prendre des mesures complémentaires. L’étude chinoise, publiée en 2003 et portant sur le SRAS, portait sur la pollution de l’air en général, notamment au dioxyde de carbone, qui est actuellement fortement réduite en raison de la diminution des transports, et pas seulement sur la pollution aux particules PM10 et PM2,5. L’étude américaine, datant d’avril 2020, porte bien sur l’exposition aux particules PM2,5, mais se fonde sur une exposition de long terme (plusieurs années minimum), ce qui ne permet pas d’apprécier les conséquences d’une exposition limitée à quelques semaines, délais correspondant aux mesures urgentes et provisoires que le juge des référés a le seul pouvoir d’ordonner. Enfin, l’étude italienne datant également d’avril 2020, qui s’intéresse à l’exposition aux particules PM10, porte sur des dépassements des seuils de pollution qui, lorsqu’ils surviennent en France, donnent lieu à des mesures de restriction des activités polluantes conformément à ce que prévoit l’arrêté du 7 avril 2016.

Le juge des référés a toutefois rappelé qu’il incombe à l’administration de faire preuve d’une vigilance particulière dans le contexte actuel d’état d’urgence sanitaire, en veillant à prendre, au besoin de façon préventive, des mesures pour éviter la survenance de pic de pollution ou au minimum d’en limiter la durée. C’est sous la réserve que l’État assure strictement ses obligations, au besoin de manière préventive, que le juge des référés a rejeté la demande de l’association.

Lire l'ordonnance de jugement


 



À partir du 1er janvier 2019, seuls les produits phytopharmaceutiques d'origine naturelle seront disponibles pour les jardiniers amateurs

Une première depuis 70 ans et un premier pas vers un jardinage plus écologique forcé. Et si le désherbage naturel était l’occasion de repenser totalement sa façon de jardiner ?

Voici quelques trucs et astuces pour un potager 100 % intelligent.

 

Afin de réduire les risques liés à l'utilisation des pesticides pour le grand public, la loi du 6 février 2014 visant à mieux encadrer l'utilisation des produits phytosanitaires sur le territoire national a interdit, à partir du 1er janvier 2022, la vente aux particuliers ainsi que la détention et l'utilisation par ces derniers, de tous les produits phytopharmaceutiques, à l'exception des produits de biocontrôle, des produits à faible risque et des produits dont l’usage est autorisé dans le cadre de l’agriculture biologique. Cependant, la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a avancé de 3 ans l'échéance du 1er janvier 2022. C'est ainsi, qu'à partir du 1er janvier 2019, les produits phytopharmaceutiques « de synthèse chimique » seront interdits pour les utilisateurs non professionnels.

Afin d'assurer leur élimination dans des conditions sécurisées, les produits non utilisés et leurs emballages détenus par les utilisateurs non professionnels doivent être apportés dans une déchetterie ou un point de collecte temporaire assurant la collecte des déchets diffus spécifiques (déchets chimiques ménagers).

Des points de collecte temporaires pourront également être mis en place dans le cadre de l'entrée en application de l'interdiction du 1er janvier 2019. Les coordonnées seront précisées sur le site internet de l’éco-organisme Éco-DDS.

Liste des produits autorisés amateurs actualisée le 27 avril 2020

 





Pesticides dans les aliments :

Efsa publie son rapport annuel

2018, (en anglais)

 

Faut-il renforcer la réglementation sur les pesticides dans l'alimentation si l'on prend en compte l'effet cocktail ? C'est-à-dire si on inclut les effets cumulés des différentes molécules retrouvées sur les aliments ?


 

En nombre, gran nombre d'associations contestent ce rapports


Une étude suggère une relation entre pesticides et qualité du sperme

L'avenir - Les niveaux de résidus de pesticides les plus élevés dans les fruits et légumes consommés sont...

L’alimentation bio réduit significativement les risques de cancer

Les plus gros consommateurs d’aliments bio ont 25% de chances en moins de développer un cancer, souligne une étude menée sur 70 000 personnes. La présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle est la cause la plus probable.

L’Europe doit arrêter de jouer avec notre alimentation

Les fruits et légumes les plus traités en 2014 / Bio à la Une - Les fruits et légumes les plus traités en 2014 Le groupe de recherche américain...

Plus de 80 pesticides différents dans les fraises et les tomates

Certains fruits et légumes produits sur le sol européen contiendraient jusqu'à 84 sortes de pesticides différents. C'est ce que révèle le rapport annuel de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

L’Europe doit arrêter de jouer avec notre alimentation

nviron 75% de notre alimentation dépend directement ou indirectement des pollinisateurs. Aujourd’hui, l’Union européenne et les représentants des Etats membres ont le pouvoir de faire interdire les néonicotinoïdes, ces pesticides qui menacent les pollinisateurs et notre sécurité alimentaire. Il est temps que les responsables politiques arrêtent de jouer avec notre alimentation ! Cela fait maintenant […] Cet article L’Europe doit arrêter de jouer avec notre alimentation est apparu en premier sur Greenpeace France.

Des traces de métaux retrouvées chez toutes les femmes enceintes

Mercure, arsenic, plomb… Ces métaux, soupçonnés d’avoir des répercussions sur le fœtus et le développement futur de l’enfant, sont omniprésents dans notre environnement. Une étude de Santé Publique France publiée ce mardi révèle qu’à l’exception de l’uranium, les 12 substances étudiées (antimoine, arsenic, cadmium, césium, chrome, cobalt, étain, mercure, nickel, plomb, uranium et vanadium) sont retrouvées chez près de la totalité des femmes enceintes.

Des perturbateurs endocriniens et des pesticides dans nos rivières

L'ONG Générations futures a analysé les données publiques sur la pollution des eaux en France. Elle présente sur son site Internet une série de cartes qui résument les résultats des prélèvements réalisés dans les départements français. Des traces de nombreux pesticides suspectés d'être des perturbateurs endocriniens ont été identifiées.



Résorcinol est un perturbateur endocrinien avéré

 

Le résorcinol est utilisé pour la fabrication de pneus, de produits dérivés du caoutchouc, de colles et de résines industrielles. Il est aussi employé dans certains cosmétiques et soins d’hygiène (colorations pour cheveux, mascara à usage professionnel), comme antioxydant pour des produits alimentaires comme les crevettes et comme antiseptique dans la composition de certains médicaments. Dans le cadre de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, l’Anses a évalué le potentiel de perturbation endocrinienne du résorcinol pour la santé humaine. Suite à ce travail, l’expertise de l’Anses a démontré que le résorcinol impacte la fonction thyroïdienne, conduisant à des effets délétères, notamment chez la femme enceinte, ce qui réunit les conditions pour le proposer comme perturbateur endocrinien avéré. Ainsi, l’Anses propose son identification comme Substance extrêmement préoccupante (SVHC) selon le Règlement REACH ce qui pourrait, à terme, entrainer un contrôle plus strict de son utilisation en Europe.




L’Anses réalise des expertises sur la dangerosité et les risques des substances chimiques au titre du règlement REACH et propose, dans ce cadre, des mesures de gestions appropriées. Ce règlement prévoit que les substances ayant des propriétés de perturbation endocrinienne manifestes puissent être identifiées comme extrêmement préoccupantes (Substance of Very High Concern - SVHC). Dans le cadre de la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) déployée par la France, l’Agence expertise les substances ayant potentiellement des effets néfastes sur les systèmes endocriniens. L’effet du résorcinol sur la synthèse des hormones thyroïdiennes a été examiné dans ce cadre.

Les Perturbateur endocrinien

Des effets graves et préoccupants pour la santé humaine

Les recommandations de 2013 de la Commission européenne

 


 

 



Protection des riverains aux pesticides : Pour le Conseil d’Etat…

il est urgent d’attendre !

 



Source : Agir pour l’Environnement







26 juin 2019

Réglementation des pesticides

Le Conseil d’État annule en partie l’arrêté réglementant l’utilisation des pesticides car il ne protège pas suffisamment la santé publique et l’environnement

Lire le communiqué


 


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Sauvons nos abeilles et les agriculteurs !

Vers une agricultures sans pesticides de synthèse , favorable aux abeilles, pour un environnement sain.

L’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) est un outil de démocratie participative qui permet aux citoyens de l’Union Européenne (UE) de proposer ensemble des changements juridiques concrets à la Commission européenne du moment que celle-ci est habilitée à le faire. L’initiative « Sauvons les abeilles et les agriculteurs ! Vers une agriculture sans pesticide de synthèse, favorable aux abeilles, pour un environnement sain » est issue d’une alliance d’organisations citoyennes et environnementales, d’associations d’apiculteurs et de simples citoyens. Ses objectifs sont clairs : amener la Commission européenne à proposer des actes juridiques pour éliminer progressivement les pesticides de synthèse d’ici 2035, pour restaurer la biodiversité et pour soutenir les agriculteurs en transition.
L’Europe est actuellement en pleine renégociation du contenu de la prochaine Politique agricole commune – PAC. Le moment est donc capital et cette ICE peut faire la différence.

Nous disposons d’un an pour recueillir 1 million de signatures en Europe et dont au moins 55 500 pour la France. Lorsque cet objectif sera atteint, la Commission sera alors dans l’obligation d’examiner attentivement et de répondre de façon argumentée la demande.

En pratique, pour soutenir cette initiative, il vous suffit d’être un citoyen de l’UE de plus 18 ans. Un certain nombre d’informations est demandé, notamment votre numéro de carte nationale d’identité ou de passeport. Ces données sont importantes et permettent de certifier de la validité des signatures rassemblées. Elles témoignent donc du bien-fondé de l’initiative. Par ailleurs, les données à caractère personnelle renseignées dans le formulaire sont confidentielles et ne seront utilisées qu’aux fins de soutien de l’ICE.



Signez l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) :
pour la fin des pesticides de synthèse dans l’UE

120 organisations européennes lancent conjointement une initiative citoyenne européenne (ICE) , pour demander une élimination progressive des pesticides de synthèse d’ici 2035 en Europe, une aide aux agriculteurs pour qu’ils changent vraiment leurs pratiques et la préservation des abeilles et de la nature.

 

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Victimes des pesticides






Lire cet avis de l'ANSES...

 

Pesticides : le gouvernement propose une distance minimale de 5 à 10 mètres entre les champs traités et les habitations

Une consultation sera lancée lundi. L'objectif du gouvernement est de fixer une distance réglementaire, pour éviter la multiplication des arrêtés municipaux.
Environ 70 personnes se sont rassemblées le 27 août devant la préfecture de région, à Rennes, en soutien au maire de Langouët. Quelques heures avant, l\'arrêté anti-pesticides de Daniel Cueff a été suspendu par le tribunal administratif.





Le gouvernement a annoncé un décret imposant une distance de 5 à 10 mètres entre riverains et terres agricoles traitées par des produits phytosanitaires. Une décision appuyée sur un rapport de l'Anses, qui a ulcéré les groupes écologistes.

Le gouvernement a décidé de prendre un arrêté, mis en consultation à partir de ce lundi, pour instaurer une distance minimale nationale entre les terres agricoles sous pesticides et les riverains. Les distances imposées seront de 5 à 10 mètres, selon les cultures, des chiffres bien loin des 150 mètres réclamés par certains maires.

Ces mesures visent notamment à renforcer la protection de la santé des populations riveraines à proximité de zones agricoles traitées. D'après Santé Publique France, on ne connait pas exactement les conséquences de l'exposition réelle aux pesticides sur la santé de ces populations. Toutefois, "chez les femmes enceintes, les nouveau-nés et les jeunes enfants, les expositions aux pesticides semblent être particulièrement à risque pour le développement et la santé de l'enfant", précise l'organisme.

Que prévoit le gouvernement ?

Le décret du gouvernement doit entrer en application le 1er janvier 2020, dans les zones où aucune charte départementale n'aura été signée. Pour l'instant, le ministère de l'Agriculture prévoit d'instaurer une distance de "10 m minimum pour l'épandage des substances les plus dangereuses". Pour les autres produits phytosanitaires les distances sont de "10m minimum pour les cultures hautes (viticulture, arboriculture notamment) et 5m minimum pour les cultures basses (céréales par exemple)".

Dans le détail, le ministère de l'Agriculture explique que la distance sera de "10m minimum pour l'épandage des substances les plus dangereuses". Pour les autres produits phytosanitaires les distances sont de "10m minimum pour les cultures hautes (viticulture, arboriculture notamment) et 5m minimum pour les cultures basses (céréales par exemple)".

Ces distance pourront être réévaluées au niveau local, "ramenées à 3m pour les cultures basses et la viticulture et à 5m pour les autres cultures, à la condition d'avoir recours à des matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental", ajoute le communiqué.

Comment ces distances ont-elles été calculées ?

Cette annonce, "n'est pas une décision du gouvernement, le gouvernement s'est appuyé sur une décision de scientifiques de l'Anses [Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail], qui est une autorité indépendante faite de scientifiques, de professionnels, de médecins", a affirmé le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume sur BFMTV.

"Cette autorité nous dit qu'avec cinq mètres pour les cultures basses et dix mètres pour les cultures hautes, les riverains sont protégés. Il ne faut pas polémiquer sur ce sujet."

Dans un rapport scientifique, l'Anses a effectivement L'organisme a prodigué les recommandations ci-dessus en utilisant la méthodologie présentée dans un guide de l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), daté de 2014. Mais comme il est précisé à plusieurs reprises dans l'avis de l'Anses, si cette méthodologie est "la plus complète et la plus actualisée" aujourd'hui, elle n'est pas forcément de première fraîcheur.

"L'évaluation de l'exposition des personnes présentes et des résidents repose sur des données limitées issues d'études effectuées dans les années 1980 et sur les données de l'US EPA [Agence de protection environnementale américaine, ndlr]. À ce titre, l'EFSA recommande la réalisation de nouvelles études pour affiner l'évaluation proposée", précise l'avis.

De plus, la méthodologie concerne l'épandage par pulvérisation, mais d'autres systèmes, comme la fumigation et le poudrage, ne sont pas pris en compte, car "les données d'exposition disponibles sont peu nombreuses et sont généralement spécifiques aux substances et aux dispositifs utilisés". Aucune recommandation générale ne peut donc leur être appliqué.

L'avis de l'Anses pourra être revu en 2021, lorsque l'EFSA aura réactualisé ses travaux. "Le projet d'arrêté prévoit que ces distances puissent le cas échéant être adaptées à l'avenir, après expertise de l'Anses et au regard des nouvelles données scientifiques et des techniques d'application des produits", précise d'ailleurs le ministère de l'Agriculture dans son communiqué.

Les mesures annoncées sont-elles suffisantes pour protéger les riverains ?

Elles ne sont surtout pas adaptées à tous les cas, d'après l'avis de l'Anses lui-même. Certains pesticides pourraient, par exemple, faire face à des recommandations "supérieures" aux normes de 3 à 10 mètres "par mesure de précaution en particulier les produits classés cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction", est-il écrit dans l'avis de l'Anses.

Pour les associations écologistes, ces mesures sont tout à fait insuffisantes. 46 communes avaient auparavant pris des arrêtés anti-pesticides pour pousser la distance-limite entre les zones d'épandage et les riverains à plus de 100 mètres, 150 mètres même pour le maire de Langouët (Ile-de-France), auteur d'un arrêté suspendu par la Justice. Dans plusieurs rapports publiés ces dernières années, Générations Futures, une association qui lutte contre les pesticides de synthèse, évoque même la présence de résidus de pesticides parfois à plus de 300 mètres.

"J'ai l'impression que c'est un poisson d'avril. Je ne peux pas croire qu'aujourd'hui les lobbies soient plus forts que la santé de la population et que la santé publique", a de son côté déclaré L'écologiste Yann Arthus-Bertrand, fondateur et président de la fondation "GoodPlanet", après l'annonce du gouvernement.
Reste aussi la question du vent. Actuellement en France, l'article 2 de l'arrêté du 4 mai 2017 réglemente l'épandage surtout en fonction du vent: "les produits ne peuvent être utilisés en pulvérisation ou poudrage que si le vent a un degré d'intensité inférieur ou égal à 3 sur l'échelle de Beaufort [vent à 20km/h, ndlr]".

Il y a "des jours ou des situations, si le vent est dans la bonne direction, probablement ça (la proposition du gouvernement, ndlr) serait suffisant", a ainsi estimé Nicolas Hulot. Mais l'ancien ministre de l'Ecologie est hostile à une telle limite "rigide", qu'il juge "un peu dérisoire" et appelle à laisser les élus locaux décider. "Il y a peut-être des périodes où ce n'est pas favorable parce qu'il y a des périodes de grands vents. 5 à 10 mètres, ça ne me semble pas adapté aux réalités du terrain".

La France est-elle en retard sur ses voisins sur ce sujet ?

Les mesures varient d'un pays à l'autre en Europe. La Slovénie a instauré en 2014 des distances de sécurité allant de 2,50 mètres [pour des grandes cultures arrosées avec des dispositifs limitant la dérive] à 20 mètres pour de plus petites cultures arrosées sans ces dispositifs. Les autorités recommandent également des haies protectrices de même hauteur que les cultures.
En Wallonie, il est interdit de pulvériser des pesticides "à moins de 50 mètres des bords de toute parcelle jouxtant une cour de récréation, un internat, une école ou une crèche, durant les heures de fréquentation de ceux-ci", et quand la vitesse du vent est supérieure à 20km/heure. En Allemagne, les produits phytosanitaires sont évalués pour une pulvérisation à deux mètres de zones habitées pour des cultures basses et cinq mètres pour des cultures hautes, selon l'Anses.

Courtoisie : BFMTV





Quelles distances imposer entre une zone d'habitation et une parcelle où sont épandus des pesticides ? Le gouvernement a lancé une consultation. Pour le moment, seuls les lieux accueillant des personnes vulnérables, comme les écoles, les crèches ou les hôpitaux, sont soumis à réglementation.

Source FranceInfo






Le tribunal administratif de Rennes a suspendu l'arrêté pris en mai par le maire de Langouët (Ille-et-Villaine) pour restreindre l'usage des pesticides sur sa commune. Le maire, Daniel Cueff, devrait faire appel. Un rassemblement de soutien se tenait ce mardi soir à Rennes.

Source FranceInfo




8 ONG attaquent le décret et l’arrêté devant le Conseil d’Etat

Notre collectif regroupant 9 ONG* dépose ce jour des recours très étayés au Conseil d’Etat contre l’Arrêté définissant des distances de protection pour l’épandage ridiculement faibles au regard des dangers des pesticides et le Décret organisant la mainmise de la profession agricole dans la rédaction des Chartes censées protéger les riverains .

Rappel des faits

En 2018, sous la pression de nos ONG, la Loi Agriculture et Alimentation[1], dite loi EGalim, a introduit des dispositions (article 83) censées protéger les riverains des pesticides par la mise en place de chartes d’engagements. Parallèlement, et suite à l’action juridique d’un certain nombre d’ONG, le Conseil d’Etat, dans sa décision du 26 juin 2019 a confirmé que l’arrêté encadrant l’utilisation des pesticides daté du 4 mai 2017 s’avérait insuffisant notamment pour protéger les riverains, les travailleurs et la ressource en eau des effets des pesticides, en l’abrogeant partiellement.

Pour répondre à l’obligation de réécriture de l’Arrêté de mai 2017 et se mettre en conformité avec la loi EGAlim, le gouvernement a mis en consultation publique le 4 octobre 2019 les projets de textes réglementaires censés répondre à ces obligations de protection ( à savoir un projet d’Arrêté[2] autorisant à pulvériser dans certains cas à seulement 3 mètres des habitations et un projet de Décret[3] sur les ‘chartes’ dites de bon voisinage, censées protéger les populations, mais qui en pratique pourront être rédigées sous la seule dictée des acteurs agricoles). Malgré la très forte participation du public à la consultation publique qui a recueilli pas moins de 53 000 commentaires et le rejet massif de ces dispositions par les citoyens, les versions définitives du décret et de l’arrêté publiées le 27 décembre 2019, se sont avérées particulièrement décevantes et très en deçà des précautions qu’il conviendrait de prendre, compte tenu notamment des données inquiétantes publiées dans la littérature scientifique.

Nos organisations ont donc décidé d’attaquer sur le fond l’Arrêté ainsi que le Décret et font valoir pour cela des arguments forts qui démontrent que les mesures proposées ne permettront pas de protéger les populations et les milieux des dangers des pesticides.

Nos recours et nos arguments

Notre recours contre l’Arrêté se divise en 2 axes majeurs de moyens de légalité interne détaillés dans notre dossier de presse[4], plus un 3ème axe portant sur les moyens de légalité externe. Sur ce dernier point, il est mis en avant le fait, qu’au vu des délais très courts écoulés entre la publication officielle des textes réglementaires (fin décembre) et la fin de la Consultation publique (début octobre) puis la publication de la synthèse de cette dernière (début janvier 2020, soit 6 jours après la date de publication des textes), le Gouvernement n’a pu décemment faire le travail d’analyse et de prise en compte nécessaire des propositions formulées dans le cadre de la Consultation et a donc simplement ignoré cette dernière…

L’argumentaire sur le fond s’articule autour de 2 axes majeurs :

Le premier portant sur le fait que les textes ne protégeront pas les populations(travailleurs et riverains) des dangers des pesticides,
Le second sur le fait que ces textes ne protégeront pas non plus les milieux, et tout particulièrement la ressource en eau, des pollutions liées aux épandages de pesticides[5].

« Au vu des données présentées dans nos recours, il s’avère évident que nos organisations ne pouvaient se satisfaire des textes publiés fin décembre. Les enjeux sanitaires et environnementaux que couvrent la problématique de l’utilisation des pesticides sont bien trop importants pour se contenter de textes sans ambition.

Nous espérons que le Conseil d’Etat sera sensible à l’ensemble des arguments présentés qui reposent en grande partie sur des données scientifiques et des ressources officielles et qu’il prendra la décision d’annuler ces textes non protecteurs. Une telle décision obligerait ainsi le gouvernement à revoir sa copie et publier de nouveaux textes au plus vite car n’oublions pas que les épandages de pesticides vont reprendre avec le retour du printemps et que de nouveaux les riverains, les travailleurs, nos milieux seront exposés à des produits dont la nocivité est scientifiquement démontrée, ce que nos ONG ne peuvent accepter. »

Annexe – Eléments de synthèse des recours

En résumé, les points saillants de nos recours portent, sur la question de la protection des populations :

du fait des carences et des faiblesses des évaluations actuelles notamment pour ce qui est des effets chroniques, des perturbations endocriniennes et des effets cocktails (carences et faiblesses détaillées dans nos recours),
du fait de la forte exposition des salariés agricoles, et tout particulièrement, lorsque ces derniers retournent dans des zones cultivées traitées par des pesticides (comme le montre certaines études issues de la cohorte AGRICAN) et des impacts réels des produits sur la santé de ces travailleurs (Expertise INSERM),
du fait de l’importante exposition des riverains (nombreuses données concordantes sur ce point ajoutées aux recours), et ce à des centaines de mètres des lieux d’épandage (certains produits peuvent se disperser bien au-delà de 500 mètres comme le prosulfucarbe par exemple) et des conséquences réelles sur la santé de ces groupes vulnérables (autisme, cancers[6]) ;
du fait que les riverains qui seront exposés à des produits dangereux ne pourront pas avoir connaissance en amont des types de produits épandus, alors même que cette information est rendue obligatoire par une décision de la CJUE et que cette information est donnée dans d’autres Etats membres comme le signale l’IGAS dans l’un de ses rapports sur les pesticides ;

Nos organisations font la démonstration que les mesurettes proposées par le gouvernement dans l’Arrêté (notamment les distances minimales pour l’épandage de 5 et 10 mètres auxquelles il sera possible de déroger permettant de s’approcher jusqu’à 3 mètres des habitations) et le Décret (chartes inopérantes) sont totalement inefficaces pour répondre aux exigences attendues de protection des populations.

De la même manière, pour ce qui est de la protection des milieux et tout particulièrement de la ressource en eau. Du fait du constat d’une contamination généralisée de eaux souterraines et de surface (données NAÏADES) par les pesticides, nos organisations démontrent que la mesure prise, pour limiter les ruissellements pluviaux et l’interdiction d’épandre des pesticides lorsque l’intensité pluviométrique est de 8 mm par heure, ne pourra pas garantir une non contamination de la ressource en eau et ce d’autant plus qu’aucune autre disposition spécifique n’est prise en fonction de la durée de l’épisode pluvieux, du type de terrain etc.

Le collectif d’ONG impliquées dans ces recours

Alerte des médecins sur les pesticides: Pierre-Michel Périnaud, Président et porte-parole – Tél. : 06.31.23.66.72 –pierre-michel.perinaud@orange.fr

Collectif des victimes des pesticides de l’ouest: Michel Besnard, Président – Tél. : 06.73.19.56.07 –victime.pesticide.ouest@ecosolidaire.fr

Collectif des victimes des pesticides des Hauts de France: Edmond Leduc, coordonnateur, Tél. : 06.80.72.63.37 –victimes-pesticides-hdf@nordnet.fr

Eau et Rivières de Bretagne: Dominique Le Goux, chargée de mission pesticides et santé

Tél. 06.88.01.19.25 – dominique.legoux@eau-et-rivieres.org

France Nature Environnement: Thibault Leroux, chargé de mission agriculture et santé-environnement – Tél : 07 82 27 89 33 – thibault.leroux@fne.asso.fr

Générations Futures: Nadine Lauverjat, coordinatrice et chargée de mission victimes des pesticides – Tél. : 06 87 56 27 54 – nadine@generations-futures.fr

Solidaires: Didier Aubé, Secrétaire national – Tél. : 06.78.75.43.62 –didier.aube@solidaires.org

UFC-Que Choisir: Marie-Christine Brument, Responsable relations presse – Tél. 01.44.93.19.84 et 06.16.56.68.07 – mcbrument@quechoisir.org

Vigilance OGM Charentes:






 

La suspension de 2 insecticides à base de sulfoxaflor est confirmée par le conseil d'Etat qui rejette les pourvois de Dow Chemical !

Rappel des faits : Le 27 octobre 2017, notre association déposait deux recours en justice les autorisations de mise sur le marché (AMM) délivrées par l’ANSES de deux insecticides contenant le néonicotinoïde Sulfoxaflor : le Closer et le Transform.

Le premier recours vise à faire retirer ces AMM en urgence par le juge des référés car ces produits menacent de façon grave et immédiate les abeilles et autres pollinisateurs. Or, le gouvernement a laissé trois mois à l’Anses pour réexaminer les deux AMM, délai bien trop long pour prévenir les atteintes à l’environnement. Le deuxième recours est un recours sur le fond devant le Tribunal Administratif. L’association est représentée dans ce dossier par l’avocat François Lafforgue.

Usages et recommandations. Les deux insecticides visés, le Transform et le Closer, servent à traiter contre les pucerons les grandes cultures, les fruits et légumes grâce à une substance active, le sulfoxaflor, que le fabricant recommande d’épandre à raison d’une seule dose par an, et pas moins de cinq jours avant la floraison. Outre les dangers que font courir aux pollinisateurs ces insecticides, nous avons pointé dans notre plaidoirie les faiblesses de la mise en application de cette recommandation de traitement à ne pas réaliser moins de 5 jours avant floraison. Comment évaluer de manière précise cette date de floraison des cultures visées ? De plus quel sens aurait la mise en marché de pesticides à base de nouveaux néonicotinoïdes alors qu’une loi de 2016 prévoit l’interdiction de pesticides à base de néonicotinoïdes ?!

1er jugement et pourvoi rejeté. Le 24 novembre, le tribunal administratif de Nice, suite à notre recours en référé, délibéra en notre faveur en demandant la suspension des deux insecticides visés dans l’attente du jugement sur le fond du dossier. Dow et l’ANSES avait 15 jours pour faire appel de ce jugement devant le Conseil d’État.

Si l’ANSES s’est abstenue, la firme Dow s’est pourvue en cassation devant le Conseil d’Etat. La décision du Conseil d’Etat vient de tomber et confirme le jugement tombé en référé en rejetant le pouvoir de la firme ! Les deux insecticides resteront donc suspendus en attente du jugement sur le fond dont ne connaissons pas encore la date !

« Notre association se félicite de cette nouvelle victoire qui va fournir un répit pour les pollinisateurs en général et les abeilles en particulier. Il est grand temps que l’on arrête concrètement de mettre sur le marché tous les insecticides néonicotinoïdes si dangereux pour les abeilles ! » déclare François Veillerette, directeur de Générations futures « Ce dossier révèle également une situation scandaleuse sur la gestion des homologations européennes des matières actives de pesticides qui sont accordées en l’absence de données pourtant essentielles sur la sécurité des produits, appelées données confirmatives, qui ne seront transmises que 2 années plus tard ! Cette situation doit cesser au plus vite et nous en appelons aux Ministres français concernés pour agir vite sur cette question. IL nous faut maintenant attendre l’audience de procédure sur le fond que nous avons engagé et dont la date ne nous est pas encore connu. » Ajoute t’il.

Lire les jugements : Association Generations Futures

Conseil d'Etat N ° 416395

Conseil d'Etat N ° 416396



 

« L’échec total du plan Ecophyto »

Générations futures, association qui lutte contre les pesticides, dénonce « l’échec total du plan Ecophyto » et demande « une évolution radicale ». Son président, François Veillerette, détaille :

« Le plan Ecophyto doit imposer des objectifs de réduction par culture et par région, décroissants dans le temps année après année, qui soient contraignants et dont le non-respect déclenche des sanctions, notamment financières. Il faut un sursaut de la part du gouvernement pour sortir enfin l’agriculture française de sa grande dépendance aux pesticides de synthèse. »





Air, eau, sols, aliments :

une pollution diffuse à laquelle nous sommes tous exposés
particuliers, collectivités et entreprises

 

Les pesticides réduisent-ils la biodiversité ?

Pour les médias grand public, la réponse à cette question paraît évidente : les pesticides réduisent la biodiversité. C’est pourtant l’objet d’âpres débats entre agronomes, et de façon plus feutrée, au niveau scientifique. En effet, s’il est clair que les pesticides réduisent la biodiversité à l’intérieur des parcelles cultivées, les partisans de l’agriculture conventionnelle (par opposition à l’agriculture bio) font valoir qu’ils augmentent fortement les rendements et diminuent la surface agricole nécessaire pour nourrir l’humanité, limitant la destruction d’espaces naturels. Toute la difficulté est de quantifier cet effet positif et de le comparer aux effets négatifs. La difficulté est encore accrue par le fait que ces effets antagonistes ne s’exercent pas à la même échelle géographique.

Deux expertises collectives de l’INRA, « Pesticides, Agriculture et Environnement », en 2005, puis « Agriculture et Biodiversité » en 2010 ont fait l’inventaire des travaux scientifiques sur l’impact des pesticides (et de façon générale de l’agriculture intensive) sur la flore et la faune non-cible.

Ces synthèses montrent des effets indésirables associés aux pesticides sur de nombreuses catégories d’organismes, y compris des espèces non ciblées comme les lombrics. Mais elles montrent aussi qu’il est très difficile de faire la part entre plusieurs facteurs :

Les effets directs des pesticides, causés par leur toxicité.
Les effets indirects, en particulier les effets trophiques, liés à l’alimentation de la faune sauvage. Par exemple, les herbicides, en détruisant les mauvaises herbes, affectent du même coup les espèces animales qui s’en nourrissent, même s’ils ne sont pas toxiques pour ces animaux. De même, les traitements contre les pucerons ont forcément un impact sur la population des prédateurs ou parasites de ces pucerons, en réduisant le nombre de proies. Ces effets indirects devraient être quantifiés à part, car ils persisteront si on développe des alternatives aux pesticides de synthèse…
Les facteurs de confusion associés aux pesticides, c’est-à-dire les facteurs environnementaux qui leur sont corrélés, et ont également des effets néfastes sur la faune et la flore : par exemple, la destruction des haies et la régression des jachères, pour la faune épigée (qui vit au-dessus du sol), ou bien le labour et la baisse de la teneur en matière organique, pour la faune du sol.

Compte tenu de ces difficultés, les impacts attribuables sans ambiguïté aux effets directs des pesticides restent relativement peu nombreux (ce qui ne veut bien sûr pas dire qu’il n’en existe pas d’autres, actuellement brouillés par les facteurs de confusion). Ils concernent essentiellement, pour la faune terrestre :

L’effet des rodenticides (produits de lutte contre les rongeurs) sur les prédateurs des rongeurs (mammifères carnivores, rapaces).
L’effet de certains insecticides sur des vertébrés divers, en particulier les oiseaux et mammifères granivores ou prédateurs : les organochlorés et certains des organophosphorés et carbamates les plus toxiques. Les produits incriminés ont d’ailleurs pour la plupart été retirés du marché en Europe. Il y a également l’effet des néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs, même si les preuves sur le terrain manquent encore [8].

Pour la faune aquatique, de nombreux travaux de laboratoire, ou des tests réalisés dans des conditions proches du terrain montrent un effet possible de plusieurs insecticides sur une large gamme d’organismes aquatiques (crustacés, insectes, poissons, amphibiens), à des concentrations très faibles, parfois de l’ordre du µg/l. Des concentrations de cet ordre de grandeur ne sont jamais observées durablement dans les suivis des eaux de surface, mais le sont parfois ponctuellement. Toute la question est donc de connaître l’ampleur réelle de ce phénomène sur le terrain, car ces contaminations ponctuelles échappent aux méthodes de suivi classiques de la pollution des eaux, qui reposent elles-mêmes sur des mesures ponctuelles qui ont peu de chance de coïncider avec les pics de contamination. D’où l’importance des recherches en cours sur la mise au point de méthodes de détection fonctionnant en continu, et, en attendant, des mesures de protection des eaux déjà mises en œuvre : protection des cours d’eau par des bandes enherbées, limitation sévère des traitements aériens, retraits des insecticides les plus suspectés.

S’il est difficile de mesurer précisément l’impact propre des pesticides sur la biodiversité, la comparaison entre agriculture bio et conventionnelle donne l’ordre de grandeur des enjeux pratiques pour la biodiversité. Un consensus émerge, en tout cas à l’échelle parcellaire. Une des premières méta-analyses sur le sujet [1] a montré que la biodiversité spécifique (nombre d’espèces végétales ou animales présentes) était en moyenne supérieure de 30 % dans le bio, et que l’abondance d’organismes (nombre d’individus) était supérieure de 50 % en moyenne. Elle soulignait la grande hétérogénéité des résultats selon les cultures et les types d’organismes considérés (avec même certains cas de résultats significatifs en faveur du conventionnel), et aussi le fait que les résultats en faveur du bio étaient nettement plus marqués à l’échelle de la parcelle qu’à l’échelle des exploitations. Ces résultats ont été complétés sans remise en cause des grandes conclusions (voir par exemple [2]).

Le recours aux pesticides a connu une hausse spectaculaire en 2018

L’utilisation des pesticides a augmenté de 24 % cette année-là par rapport à 2017, et de 25 % en une décennie.


 


Appel à une « règle d’or » pour les pesticides

M. L., 15 septembre 2011

La France est le troisième consommateur mondial de pesticides, avec 70 000 tonnes de produits toxiques utilisés chaque année. L’impact environnemental et sanitaire de leur dispersion (...) La suite...






Association Causses-Cévennes d'action citoyenne

Avenue du Devois, Le Devois, Saint Sauveur Camprieu, 30750, tel 0467826111.
Site internet : http://www.accac.eu, Email: adhca@live.fr


 

 




Mission commune d'information sur les pesticides

Rapport
d'information n° 42

Synthèse




Loi Pacte : le Sénat supprime l’interdiction de vendre des pesticides en dehors de l’UE

L'amendement




L’usage des pesticides est en forte hausse